Brasilia dit avoir le soutien nécessaire pour des réformes

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    BRASILIA, 13 mai (Reuters) - Le gouvernement intérimaire 
brésilien de centre droit mis en place après la suspension de 
Dilma Rousseff a assuré vendredi avoir le soutien nécessaire au 
Congrès pour mener de "difficiles réformes" afin de relancer 
l'économie du pays.  
    Le vice-président Michel Temer a été promu président par 
intérim jeudi après l'ouverture par le Sénat d'un procès en 
destitution de la chef de l'Etat, suspendue de ses fonctions 
pendant l'examen des charges à son encontre, qui peut durer 
jusqu'à 180 jours, soit six mois environ.  
    Dilma Rousseff, accusée d'avoir manipulé les comptes publics 
pour faciliter sa réélection en 2014, dénonce un "coup d'Etat". 
Devant des journalistes étrangers, elle a dit vendredi avoir été 
chassée du pouvoir par un gouvernement "illégitime", 
"extrêmement conservateur" et exclusivement blanc et masculin.  
    Le secrétaire général de la présidence, Eliseu Padilha, a 
souligné que le cabinet comprenait bien que son mandat n'était 
que provisoire, puisque la destitution de la présidente n'a pas 
été prononcée. Il a précisé que les portraits de Dilma Rousseff 
continueraient d'orner les bâtiments officiels.  
    Le nombre de voix au Sénat favorable à la poursuite de la 
procédure d'"impeachment" -- 55 voix sur 81 -- montre cependant 
que le gouvernement Temer a actuellement le soutien nécessaire 
pour mener à bien de difficiles réformes, a ajouté Padilha.  
    "Nous avons un soutien suffisant pour adopter des mesures 
urgentes au Congrès", a-t-il déclaré. "Nous sommes persuadés que 
nous allons très bien travailler et que ce gouvernement qui est 
provisoire aujourd'hui deviendra définitif avant la fin des 180 
jours", a poursuivi le secrétaire général de la présidence.  
    Le ministre des Finances, Henrique Meirelles, a de son côté 
promis des mesures rapides pour réduire le déficit budgétaire, 
qui a représenté plus de 10% du produit intérieur brut l'année 
dernière. Il n'a pas exclu une hausse temporaire des impôts.  
    Son collègue du Plan, Romero Juca, a estimé indispensables 
des réformes des retraites et des impôts afin de maîtriser la 
dette publique, sur fond de crise économique majeure provoquée 
par la chute des cours des matières premières.  
    Il a également annoncé la suppression de 4.000 postes 
d'employés du gouvernement fédéral d'ici la fin de l'année.  
    Dès sa prestation de serment jeudi, Michel Temer a dévoilé 
un programme de réformes libérales et des coupes dans les 
dépenses publiques qui refont basculer le Brésil à droite après 
treize années de règne du Parti des travailleurs (PT, gauche). 
    Le PT a promis d'organiser des manifestations massives 
contre Michel Temer et d'entraver le travail législatif au 
Congrès. 
    "Nous allons certainement opposer une résistance farouche à 
certaines de leurs propositions", a promis Paulo Pimenta, un élu 
du PT, dans une interview.  
    Le nouveau ministre de l'Education, Jose Mendonça, a été 
reçu par des huées par les employés protestant contre la 
suppression du poste de ministre de la Culture.  
 
 (Anthony Boadle; Jean-Stéphane Brosse pour le service français) 
 
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