Bras de fer autour du compteur électrique Linky 

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Collectivités locales et EDF s'affrontent. Les fabricants de compteurs s'inquiètent du retard de l'appel d'offres.

À peine lancé, le compteur électrique «intelligent» Linky semble déjà avoir du retard à l'allumage. Le 28 septembre dernier, Éric Besson, le ministre de l'Industrie, annonçait la généralisation à 35 millions de foyers de cet équipement permettant, entre autres services, une facturation reflétant exactement la consommation. Deux mois plus tard, le dossier est freiné par un bras de fer opposant EDF et les collectivités locales, propriétaires et concédantes des réseaux électriques, représentées par la FNCCR (Fédération nationale des collectivités concédantes et régies). Au c½ur de l'affrontement, le financement du déploiement des compteurs, évalué à 4,3 milliards d'euros par ERDF, la filiale d'EDF chargée de la distribution.

ERDF n'est décidée à investir que si elle dispose de visibilité sur le système actuel de concessions. Henri Proglio, le PDG d'EDF, s'est dit d'accord pour prendre le déploiement à sa charge à condition qu'EDF soit propriétaire des compteurs. Propriété que revendiquent aussi les élus de la FNCCR, attachés au système de concession de service public.

Discussions sensibles

Face à l'issue incertaine de ces discussions sensibles à six mois d'une présidentielle, les fabricants de compteurs s'inquiètent. «Nous n'avons aucune information sur le lancement de l'appel d'offres», déplore ainsi Christian Huguet, directeur général de Landis+Gyr France, déjà fournisseur du tiers des 300.000 compteurs Linky testés en Touraine et à Lyon. Filiale depuis cet été du géant japonais Toshiba, Landis+Gyr, qui emploie 300 personnes à Montluçon, serait prêt à investir dans une nouvelle usine auvergnate avec 150 emplois, plus des emplois indirects, s'il remportait une partie de l'appel d'offres. Sagemcom, également sur les rangs, partage les mêmes préoccupations. Les deux entreprises redoutent que tout retard dans l'appel d'offres ne pénalise les choix technologiques français au bénéfice des concurrents étrangers, dont le chinois Hexing, sur les futurs marchés à l'exportation.

L'appel d'offres doit porter sur une première tranche de 7 millions de compteurs à déployer d'ici à 2015. ERDF ne voulant pas mettre ses ½ufs dans le même panier, au moins deux équipementiers pourraient l'emporter.

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