Brandt se lance à la conquête du petit électroménager

le
0
Le groupe cherche à renforcer sa marque face à l'offensive de LG et Samsung.

De petites bouilloires rondes et colorées, des grille-pain multicolores, faits pour rappeler les couleurs des machines à café expresso… Le tout signé Brandt. La marque se lance dans le petit électroménager pour asseoir sa notoriété dans le gros électroménager (fours, réfrigérateurs, machines à laver…).

«Nos concurrents coréens (LG et Samsung) profitent de la notoriété de leurs téléviseurs pour pousser leurs marques dans le gros électroménager. Nous voulons nous aussi jouer la carte de la transversalité des gammes», explique Pascal Loiseau, directeur marketing petit électroménager de Brandt. Devenus des marques reconnues grâce à leurs positions de leaders dans la télé, Samsung et LG taillent des croupières à leurs concurrents occidentaux sur le marché de l'électroménager, avec des produits moyen et haut de gamme. Le japonais Panasonic, à la peine dans les téléviseurs, mise lui aussi sur les frigos et machines à laver pour relancer ses ventes en Europe. Cette nouvelle concurrence risque de bouleverser la hiérarchie dans l'électroménager et contraint les acteurs historiques à repenser leur stratégie.

Les achats de petits équipements sont beaucoup plus fréquents qui ceux de gros appareils. En France, quelque 1,6 million de bouilloires électriques sont vendues chaque année, et à peu près autant de grille-pain. Brandt mise notamment sur cette récurrence des actes d'achat pour renforcer sa notoriété. «Un client satisfait de sa bouilloire ou de son robot de cuisine connaîtra mieux notre marque et pourra être tenté par nos fours ou nos plaques à induction. Notre souhait est de fidéliser les clients», précise Pascal ­Loiseau.

Dans un secteur hyperdisputé, où les prix sont tirés vers le bas par des produits fabriqués en Chine, Brandt ne prétend pas réinventer l'eau chaude, simplement la rendre plus attractive. Comme tous ses concurrents, il fait fabriquer ses produits en Asie, mais mise sur un design original pour se démarquer et quelques innovations, comme le thermostat électronique (très apprécié des amateurs de thé) pour une bouilloire.

Un relais de croissance

Peu onéreux, de 30 à 40 euros pour une bouilloire, ces petits appareils n'en constituent pas moins une source de revenus supplémentaires pour le groupe FagorBrandt. Cette activité très récente pour le groupe n'a généré «que» 20 millions d'euros de chiffre d'affaires en France sur 775 millions d'euros. «C'est déjà beaucoup, à l'échelle du petit électroménager, s'empresse de nuancer Pascal Loiseau. Pour le groupe, c'est une source non négligeable de croissance.» Cette diversification est d'autant plus importante que le marché du gros électroménager, sur lequel FagorBrandt reste numéro un en France, stagne et que la concurrence y est de plus en plus forte.

«Nous allons lancer de nouvelles gammes de produits, en tenant compte des nouveaux modes de consommation», ajoute Pascal Loiseau. La France se met à l'heure du rice cooker (appareil à cuire le riz) et du wok électrique. Ces équipements connaissent un véritable engouement. Tandis que la demande pour les machines à pain, sorbetières et autres yaourtières s'essouffle, après plusieurs années de forte croissance. L'engouement pour le «fait maison» commence à atteindre ses limites.

LIRE AUSSI: 

» Seb se lance sur le marché indien avec Mahajarah 

» SEB profite à plein de la croissance des émergents 

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant