Braconnage et crimes environnentaux, des trafics très lucratifs

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LE TRÈS LUCRATIF MARCHÉ DU BRACONNAGE
LE TRÈS LUCRATIF MARCHÉ DU BRACONNAGE

BRUXELLES (Reuters) - Le braconnage des espèces animales, l'exploitation minière et forestière illégales et autres trafics de ressources naturelles ont rapporté l'an dernier jusqu'à 258 milliards de dollars (227 milliards d'euros) aux groupes criminels qui s'y livrent, disent les Nations unies dans un rapport publié samedi.

Ces crimes, qui vont de l'extraction illégale de l'or par les cartels de la drogue colombiens à la destruction des forêts en République démocratique du Congo et au massacre des éléphants d'Afrique, augmentent à un rythme deux à trois fois plus élevé que l'économie mondiale, précise le rapport élaboré par le programme de l'Onu pour l'environnement (PNUE) et Interpol.

"Les crimes environnementaux augmentent à un rythme alarmant", souligne le secrétaire général d'Interpol, Jürgen Stock, dans un communiqué.

Les sommes dépensées par les agences internationales luttant contre ces crimes (20 à 30 millions de dollars par an) ne représentent qu'une fraction de celles générées par les trafics, estimées entre 91 et 258 milliards de dollars, en fonction des données disponibles, note-t-il.

Le trafic d'espèces ou de produits d'espèces animales menacées d'extinction, dont celui des défenses d'ivoire qui a provoqué la disparition d'un quart des éléphants d'Afrique en une décennie, est évalué entre 7 et 23 milliards de dollars par an.

Pointant du doigt l'insuffisance des moyens consacrés à la lutte contre le braconnage, le rapport note que le trafic d'ivoire en Tanzanie, un des pays les plus durement touchés, a rapporté à ses auteurs cinq fois plus d'argent que le budget gouvernemental consacré à la protection de la faune sauvage, soit 10,5 millions de dollars par an.

"Les sommes considérables générées par ces crimes permettent à des groupes criminels internationaux très organisés de poursuivre leurs activités, et alimentent l'insécurité dans le monde", souligne le directeur du PNUE, Achim Steiner.

(Alissa de Carbonnel; Tangi Salaün pour le service français)

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