Braconnage et crimes environnementaux rapportent jusqu'à $258 mds

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    BRUXELLES, 4 juin (Reuters) - Le braconnage des espèces 
animales, l'exploitation minière et forestière illégales et 
autres trafics de ressources naturelles ont rapporté l'an 
dernier jusqu'à 258 milliards de dollars (227 milliards d'euros) 
aux groupes criminels qui s'y livrent, disent les Nations unies 
dans un rapport publié samedi. 
    Ces crimes, qui vont de l'extraction illégale de l'or par 
les cartels de la drogue colombiens à la destruction des forêts 
en République démocratique du Congo et au massacre des éléphants 
d'Afrique, augmentent à un rythme deux à trois fois plus élevé 
que l'économie mondiale, précise le rapport élaboré par le 
programme de l'Onu pour l'environnement (PNUE) et Interpol. 
    "Les crimes environnementaux augmentent à un rythme 
alarmant", souligne le secrétaire général d'Interpol, Jürgen 
Stock, dans un communiqué. 
    Les sommes dépensées par les agences internationales luttant 
contre ces crimes (20 à 30 millions de dollars par an) ne 
représentent qu'une fraction de celles générées par les trafics, 
estimées entre 91 et 258 milliards de dollars, en fonction des 
données disponibles, note-t-il. 
    Le trafic d'espèces ou de produits d'espèces animales 
menacées d'extinction, dont celui des défenses d'ivoire qui a 
provoqué la disparition d'un quart des éléphants d'Afrique en 
une décennie, est évalué entre 7 et 23 milliards de dollars par 
an. 
    Pointant du doigt l'insuffisance des moyens consacrés à la 
lutte contre le braconnage, le rapport note que le trafic 
d'ivoire en Tanzanie, un des pays les plus durement touchés, a 
rapporté à ses auteurs cinq fois plus d'argent que le budget 
gouvernemental consacré à la protection de la faune sauvage, 
soit 10,5 millions de dollars par an. 
    "Les sommes considérables générées par ces crimes permettent 
à des groupes criminels internationaux très organisés de 
poursuivre leurs activités, et alimentent l'insécurité dans le 
monde", souligne le directeur du PNUE, Achim Steiner. 
     
 
 (Alissa de Carbonnel; Tangi Salaün pour le service français) 
 
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