BPM et Popolare trancheront d'ici mardi sur leur fusion

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 (Actualisé avec sources sur la volonté des banques de surmonter 
les obstacles à la fusion, cours de clôture) 
    par Valentina Za et Silvia Aloisi 
    MILAN, 18 mars (Reuters) - Banca Popolare di Milano (BPM) 
 PMII.MI  et Banco Popolare  BAPO.MI  décideront d'ici au 22 
mars si elles mettent en oeuvre leur projet de fusion, que la 
Banque centrale européenne soumet à des conditions draconiennes. 
    BPM et Banco Popolare discutent depuis des mois de cette 
fusion qui amorcerait un mouvement de consolidation du secteur 
bancaire italien largement favorisé par le gouvernement. 
    Mais les négociations en vue d'une fusion sont freinées par 
les exigences de la BCE. Les deux banques ont reçu mercredi une 
lettre détaillant les conditions de la BCE, l'autorité suprême 
de régulation du secteur, et leurs conseils d'administration se 
réuniront au plus tard le 22 mars pour en discuter. 
    Deux sources proches du dossier ont dit vendredi que les 
banques étaient toutefois décidées à faire aboutir le projet et 
cherchaient les moyens de répondre aux attentes de la BCE.  
    Une des sources a indiqué que leur objectif était d'annoncer 
l'opération dès la semaine prochaine. 
    Le ministre de l'Economie, Pier Carlo Padoan, a d'ailleurs 
salué dans un communiqué la détermination des dirigeants des 
deux banques à avancer vers une fusion et à satisfaire les 
exigences de la BCE afin de créer un puissant groupe bancaire. 
    Dans des communiqués identiques, les deux établissements, 
qui créeraient par leur fusion la troisième banque d'Italie, 
observent que la BCE exigerait de cette dernière qu'elle ait 
"dès le départ, une position forte en termes de capital et de 
qualité de l'actif", en prenant en particulier "toute 
disposition sur le capital". 
    Les deux banques excluent cependant toute augmentation de 
capital, estimant qu'elle provoquerait l'échec de la fusion.  
    Mais pour pouvoir se délester rapidement de créances 
douteuses représentant un encours brut de 27 milliards d'euros, 
il faudrait que les banques endossent de nouvelles pertes qui 
viendraient grignoter leurs fonds propres. 
    La BCE exige aussi une structure de gouvernance "claire et 
efficace" et non, de l'avis d'un analyste, la "structure 
alambiquée" avancée par les deux établissements, qui doivent à 
présent soumettre un "business plan" et un projet de nouveaux 
statuts dans le délai d'un mois. 
    Des actionnaires de BPM insistent pour que la banque demeure 
une entité juridique autonome au sein de la nouvelle structure 
pendant au moins trois ans, ont fait savoir des sources.  
    Mais la BCE stipule que la fusion ne pourra donner lieu à 
l'octroi d'une nouvelle licence bancaire, ce qui pourrait tuer 
dans l'oeuf le projet de fusion en rendant impossible toute 
autonomie de BPM, estiment certains analystes. 
    Toutefois, selon une source proche du dossier, il serait 
possible de contourner l'obstacle en passant par l'une des 
filiales du groupe disposant déjà d'une licence bancaire. 
    L'action de Banco Popolare, qui pâtirait le plus d'un échec 
de la fusion selon les investisseurs, a perdu 14% jeudi et a 
encore fini en repli de 0,52% vendredi après un bref rebond en 
séance. BPM a progressé de 2,47% de son côté vendredi.       
 
 (Wilfrid Exbrayat et Juliette Rouillon pour le service 
français) 
 

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