Boyenval, cité tranquille de Beaumont-sur-Oise au bord de l'explosion

le
0
Rassemblement devant la mairie de Beaumont-sur-Oise (Val-d'Oise), le 22 novembre.
Rassemblement devant la mairie de Beaumont-sur-Oise (Val-d'Oise), le 22 novembre.

La mort d’Adama Traoré, le 19 juillet, a réveillé la colère du quartier contre la maire de cette petite ville du Val-d’Oise et les gendarmes.

En apparence, rien n’a changé. Avec ses trottoirs immaculés, ses immeubles HLM de quatre étages impeccablement entretenus et ses pavillons proprets, le quartier de Boyenval, dans l’est de Beaumont-sur-Oise (Val-d’Oise), continue de vivre son train-train quotidien. Dans ce coin tranquille du « 9-5 » un peu excentré, niché entre ville et campagne, tout le monde s’appelle par son prénom et personne ne parle de « quartier ». « On l’appelle la “résidence Boyenval” », explique un jeune homme. Parce que « quartier », ça fait « cité ». Et Boyenval n’en est pas une : « Ici, c’est pas le “9-3” ! », souligne-t-il.

« A Boyenval, on n’est pas dans “Enquête exclusive” », renchérit Gaharo, 30 ans. Les habitants le martèlent, ardents défenseurs de la réputation de leur « résidence », comme de la leur, qu’ils jugent injustement bafouée. Malgré son lot de petits trafics et de petite délinquance, Boyenval n’avait jamais fait parler de lui. Difficile d’imaginer qu’il y a près de quinze jours, une bande de jeunes, cagoulés, a mis le feu à un bus et incendié six voitures. Une scène impensable il y a encore quatre mois.

Depuis la mort d’Adama Traoré, 24 ans, un « enfant de Boyenval », dans les locaux de la gendarmerie voisine de Persan après son interpellation, le 19 juillet, tout a basculé. L’affaire déchire la ville et fait émerger une colère enfouie depuis plus de deux ans. Contre la maire (UDI) Nathalie Groux, qui n’ose plus mettre les pieds à Boyenval, et contre les gendarmes. Les semaines...

Retrouvez cet article sur LeMonde.fr


Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant