Boxing Day : le rebond de la consommation britannique se confirme

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Les ventes du Boxing Day devraient profiter de la reprise de la consommation des ménages après deux années difficiles. Et ce même si les soldes avaient exceptionnellement commencé avant Noël.

Les années se suivent et les images se répètent: des milliers de Britanniques ont fait la queue, parfois toute la nuit de mercredi à jeudi, afin de mettre la main sur les meilleures affaires du Boxing Day, le traditionnel jour de vente à prix cassés suivant Noël. Le grand magasin londonien de luxe Selfridges a indiqué que 3500 personnes attendaient devant ses portes avant l'ouverture et que les premiers arrivants s'étaient positionnés dès 23 h 30 mercredi. Son rival Harrods a distribué des boissons chaudes et des canapés au saumon à ses futurs clients, proposant même de prêter des couvertures aux plus téméraires. «Les acheteurs attendent après Noël pour effectuer leurs principaux achats car ils savent qu'ils peuvent obtenir d'importantes réductions», explique Maureen Hinton, analyste chez Verdict Research. Les chaînes Next et Marks & Spencers offraient jeudi des réductions allant jusqu'à 50 % et de longues files s'étaient formées devant des enseignes plus huppées comme Prada ou Gucci.

Après deux années catastrophiques à la suite de l'entrée en vigueur des mesures d'austérité du gouvernement de David Cameron, la consommation des ménages est repartie depuis cet automne. Les ventes de ce 26 décembre se révéleront donc assurément meilleures qu'en 2012 et elles devraient atteindre 2,6 milliards de livres (3 milliards d'euros), selon Verdict Research.

Soldes lancés avant Noël

Les effets de ce succès pourraient toutefois être mitigés par une mesure exceptionnelle: le lancement de soldes avant Noël par les grands groupes. Au sein du temple commercial londonien d'Oxford Street, Marks & Spencers offrait la semaine dernière des réductions de 30 % sur ses vêtements, tandis que les devantures d'autres magasins comme New Look ou House of Fraser annonçaient des remises allant jusqu'à 50 %. Selon les consultants de Price­waterhouseCoopers, les soldes pré-Noël des cent plus importants détaillants du pays s'élevaient en moyenne à 46 %. Autant d'éléments qui confirment les difficultés du secteur de la distribution.

Cette année plus que jamais, les enseignes ont regardé de près les performances de leur site Internet. «Les ventes du Boxing Day nous permettent traditionnellement de réaliser nos meilleurs résultats de la période des fêtes, explique-t-on à la société de cartes de crédit Barclaycard. Mais les soldes lancés avant Noël et la croissance ininterrompue des ventes en ligne signifient que de plus en plus de personnes se rendent sur Internet pour obtenir les meilleures affaires.» Selon un sondage réalisé par la société, 33 % des personnes interrogées prévoyaient de faire des achats en ligne, contre seulement 27 % décidées à participer physiquement à la ruée commerciale. Les analystes estiment cependant que la plupart des clients prévoyaient de cumuler les deux opérations. Les chiffres avancés par le groupe Asda montrent que les ventes en magasin dépassent encore largement celles qui sont réalisées en ligne: le groupe attendait 2 millions de visiteurs dans l'ensemble de ses magasins, contre 1 million de clics sur son site.

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