Boxe: Jean-Marc Mormeck face à la montagne Klitschko

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MORMECK FACE À KLITSCHKO POUR DEVENIR CHAMPION DU MONDE DES POIDS LOURDS
MORMECK FACE À KLITSCHKO POUR DEVENIR CHAMPION DU MONDE DES POIDS LOURDS

par Karolos Grohmann

DÜSSELDORF, Allemagne (Reuters) - A 39 ans, Jean-Marc Mormeck se lance samedi soir à l'assaut du géant ukrainien Wladimir Klitschko pour tenter de devenir le premier Français champion du monde des poids lourds.

Une victoire du Français relèverait de l'exploit. A 35 ans, Klitschko détient les titres mondiaux IBF, IBO, WBO et WBA. La seule ceinture manquant à son palmarès est celle de la WBC, propriété de son frère aîné Vitali.

En 59 combats professionnels, l'Ukrainien ne compte que trois défaites et s'est imposé 49 fois par KO.

De plus, il disposera face au Guadeloupéen d'une allonge bien supérieure. Avec son 1m81, Mormeck rend 17 cm sous la toise à son rival mais, pour ce dernier, cela ne constitue pas un réel avantage.

"C'est très dur de boxer contre un homme beaucoup plus petit que vous. Cela ne facilite pas les choses", estime Klitschko, qui affiche cependant une grande confiance.

"Je suis prêt à relever ce défi. J'ai toujours faim, et je ne prends pas ce combat à la légère", dit celui dont les ennuis de santé - un calcul rénal - ont entraîné un report du combat, initialement prévu le 10 décembre dernier.

Mormeck, de son côté, affirme croire mordicus en ses chances. Celui que l'on appelle "le petit Tyson" en raison de sa robuste constitution estime que son mental peut faire la différence et que Klitschko n'a pas encore été véritablement testé dans ce domaine.

"J'ai une volonté de fer et je suis dur au mal. Je n'ai peur de personne et c'est cela qui constitue ma force mentale. Lui, a-t-il ça aussi ?", demande le Français.

DÉFICIT D'ALLONGE

"Pour moi, aujourd'hui, c'est le combat unique", déclarait récemment à Reuters Mormeck, qui est devenu promoteur pour organiser son propre championnat du monde.

"On parle de combat de l'histoire parce qu'en France, il n'y a jamais eu de champion du monde des poids lourds. Il y a eu deux tentatives, je serai le troisième (...) On se dit que ça va être dur, mais ce n'est pas impossible", ajoutait-il.

Confronté à un énorme déficit d'allonge, Mormeck devra trouver la solution. "Je n'ai pas trop le choix, à part avancer, mettre la pression comme je l'ai toujours fait, mais de façon plus constante encore", dit le Guadeloupéen.

"Le faire courir, c'est beaucoup plus d'énergie dépensée. C'est aussi plus de risques, parce qu'il serait à sa distance. Donc il faut réduire la distance entre lui et moi, pour que je sois à la mienne."

Le Guadeloupéen, ancien mi-lourd qui a trouvé la gloire en lourds-légers dont il a été champion du monde WBA et WBC, se rêve un destin à la Evander Holyfield, géant américain de la boxe, sacré dans les deux catégories dans les années 1980 puis 1990.

Chez les lourds, l'histoire de la boxe se raconte sans la France, qui n'a pu compter que sur Georges Carpentier en 1921 et Lucien Rodriguez en 1983 pour s'y risquer, sans succès.

Pascal Liétout pour le service français, avec Grégory Blachier, édité par Jean-Loup Fiévet

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