Bouygues: suspendu à l'issue des négociations avec Orange.

le
0

(CercleFinance.com) - Perdant près de 4% ce midi, ce qui la classe au rang des plus fortes baisses d'un indice CAC 40 en retrait de 1%, l'action Bouygues souffre du report - de quelques jours - de l'issue des négociations avec Orange sur l'éventuel rachat de Bouygues Telecom.

En effet, les discussions quant à l'éventuel rapprochement de Bouygues Telecom, la filiale télécoms du conglomérat éponyme, avec l'ex-monopole historique Orange semblent plus difficiles que prévu. Initialement, ces discussions qui durent depuis des mois devaient prendre fin le 31 mars. Mais les deux groupes ont indiqué ce matin qu'ils se donnent désormais jusqu'à dimanche (3 avril) pour parvenir - ou non - à un accord.

Comment expliquer la forte baisse de l'action Bouygues ? Ce “retard” dans les discussions peut laisser craindre que les deux groupes peinent à trouver un accord, qui pourrait achopper sur le prix. Ce qui pourrait conduire à une cession de Bouygues Telecom à Orange dans des conditions financières moins favorables pour Bouygues, pénalisant ainsi logiquement la valeur de son action.

Justement, quel est le “prix” actuel de Bouygues Telecom selon le marché ? Selon Natixis, l'opérateur est pour l'heure valorisé implicitement huit milliards d'euros, à comparer avec une capitalisation, de 12,5 milliards pour le groupe Bouygues dans son ensemble. Soit moins que les 10 milliards offerts mi-2015 par Numericable-SFR, une offre alors déclinée par Bouygues. Dans ces conditions, si le 'deal' est finalement conclu et que son prix est supérieur à huit milliards, l'action Bouygues devrait monter. Et inversement.

Mais on notera qu'à la Bourse de Pais, tout le compartiment 'télécoms' est pénalisé ce midi : Numericable-SFR recule de 3,5% quand Orange comme Iliad, la maison mère de Free, perdent 1,8%.

En effet, en cas d'échec du rapprochement Bouygues Telecom/Orange, le nombre d'opérateurs mobiles hexagonaux serait toujours de quatre. L'intensité de la concurrence resterait peu ou prou la même, avec les conséquences habituelles sur les marges. Les baisses des titres indiquent aussi que si l'opération n'intervenait pas, les autres opérateurs en souffriraient aussi. En effet, ils ne pourraient alors pas racheter les parties de Bouygues Telecom dont, pour des raisons concurrentielles, Orange devrait se défaire.

Malgré, les reculs des actions “télécoms” parisiennes, somme toute limités, semblent plutôt signaler des doutes sur les conditions du rapprochement, sans en remettre franchement en cause l'éventualité.

EG


Valeur associée
  Libellé Bourse Dernier Var. Vol.
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant