Bouygues-Orange discute cessions d'actifs avec ses rivaux-sces

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    * Discussions informelles avec Iliad et Numericable-SFR-sces 
    * Echanges informels qui devraient vite s'accélérer-sces 
    * L'Etat ne veut pas que la part de Bouygues dépasse 
10%-sces 
    * L'Etat veut garder ses trois sièges au conseil 
d'Orange-sces 
 
 (Actualisé avec déclarations supplémentaires) 
    par Gwénaëlle Barzic, Matthieu Protard et Mathieu Rosemain 
    PARIS, 15 janvier (Reuters) - Le projet de rapprochement 
dans les télécoms entre Bouygues  BOUY.PA  et Orange  ORAN.PA  a 
franchi une nouvelle étape avec le lancement de discussions 
informelles entre l'opérateur historique et ses rivaux Iliad 
 ILD.PA  et Numericable-SFR  NUME.PA  à qui il espère revendre 
des actifs, a-t-on appris de plusieurs sources au fait du 
dossier. 
    Après un premier échec en 2014, Bouygues et Orange ont 
officialisé au début du mois la reprise de leurs discussions en 
vue d'un mariage qui ramènerait à trois le nombre d'opérateurs 
sur le marché français des télécoms.   
    Si les discussions entre les deux acteurs avancent bien, 
l'opération reste conditionnée par la revente d'actifs de 
Bouygues Telecom à des opérateurs rivaux. 
    Les échanges, qui portent principalement sur la rétrocession 
d'une partie des fréquences, du réseau, des boutiques et de la 
clientèle de Bouygues Telecom, sont encore à un stade 
préliminaire, aucune offre chiffrée n'étant pour l'instant sur 
la table. Ils devraient cependant s'accélérer sous peu, ont 
précisé les mêmes sources. 
    Une décision sur le projet d'alliance pourrait intervenir 
d'ici la publication des résultats annuels d'Orange le 16 
février, ont indiqué deux des sources, tout en précisant que 
l'issue des négociations restait incertaine au vu de la 
complexité de l'opération.    
    "Tous les acteurs ont envie d'y arriver. Il y a le sentiment 
partagé que le train ne va sans doute pas repasser et que c'est 
probablement la dernière opportunité d'aboutir à une 
consolidation du marché", explique une source. 
    Bouygues et Orange doivent aussi compter avec l'Etat, 
principal actionnaire de l'opérateur historique dont il contrôle 
23%, pour faire aboutir une opération qui prévoit que Bouygues 
prenne une participation importante dans Orange, assortie d'un 
paiement en numéraire.  
     
    PAS PLUS DE 10% POUR BOUYGUES  
    Selon deux sources, les pouvoirs publics souhaiteraient que 
la participation de Bouygues dans l'ancien monopole ne dépasse 
pas 10%. L'Etat français souhaiterait par ailleurs conserver ses 
trois représentants actuels au conseil. 
    Interrogé par Reuters, le ministère de l'Economie et des 
Finances n'a pas souhaité commenter ces informations. 
    "L'Etat français a vocation à rester l'actionnaire de 
référence d'Orange et à disposer d'une minorité de blocage", a 
précisé Bercy. 
    Des cessions sont indispensables pour obtenir le feu vert 
des autorités de concurrence, l'opération devant créer un géant 
avec plus de 50% de parts de marché dans le mobile et le fixe. 
    Tout dépendra cependant du prix que seront prêts à payer 
Iliad et Numericable-SFR, le PDG d'Orange Stéphane Richard ayant 
affirmé qu'il n'avait pas l'intention de régler seul la facture 
d'une opération qui profitera à l'ensemble du marché. 
    "C'est une opération complexe parce qu'elle implique quatre 
acteurs. Tout le monde a intérêt à ce que l'opération se fasse 
mais pas à n'importe quel prix", explique une source. 
    Orange n'est pas en position de force pour négocier, Free 
apparaissant comme le seul candidat pour le rachat d'une partie 
du réseau et des fréquences de Bouygues Telecom. 
     
    LE SCÉNARIO D'UN EXAMEN À PARIS SE PRÉCISE 
    Free, qui a déclaré à des analystes qu'une telle opération 
pourrait lui permettre d'économiser deux ans sur la construction 
de son réseau mobile, devrait cependant se montrer pragmatique, 
a indiqué l'une des sources. 
    Lors de la précédente tentative d'union entre Orange et 
Bouygues, le groupe fondé par Xavier Niel s'était dit prêt à 
débourser 1,8 milliard d'euros pour racheter des actifs mais il 
a entretemps mis l'accélérateur sur le déploiement de son réseau 
et enrichi son portefeuille de fréquences. 
    SFR, qui est pressé par le marché d'endiguer l'érosion de 
son chiffre d'affaires, pourrait quant à lui se porter acquéreur 
de la clientèle low-cost et entreprises de Bouygues Telecom. 
    D'autres acteurs pourraient par ailleurs s'inviter à la 
table des discussions, notamment pour l'activité entreprise.  
    Reste à savoir si l'opération pourra surmonter l'obstacle de 
la concurrence. 
    La cession de la participation d'Orange dans l'opérateur 
britannique EE a reçu ce vendredi le feu vert des autorités du 
pays, ce qui augmente la probabilité qu'une éventuelle opération 
soit examinée par l'Autorité française de la concurrence plutôt 
que par Bruxelles.   
    Le choix de l'arbitre sera fonction de la proportion des 
revenus réalisés par Orange sur le seul marché français par 
rapport à son chiffre d'affaires européen. Si elle dépasse les 
deux-tiers, Bruno Lasserre, le président de l'Autorité, héritera 
du dossier.  
    "La sortie d'Orange de EE change l'arithmétique de la 
fusion. Nous estimons qu'ajouter Jazztel (NDLR : l'opérateur 
espagnol racheté par Orange) et retirer EE ajoutera environ 6 
points de pourcentage à la proportion des revenus européens 
d'Orange réalisés en France", expliquent les analystes de Citi 
dans une note, évaluant par ailleurs à 5,7 milliards le produit 
que pourraient rapporter les cessions.  
    Selon plusieurs sources, des contacts informels ont été pris 
avec l'autorité de la concurrence et le régulateur des télécoms. 
Ni l'autorité de la concurrence ni l'Arcep n'ont souhaité faire 
de commentaire sur ces informations. 
    Selon plusieurs sources, Messier & Maris et Crédit Suisse 
 CSGN.VX  font partie des banques qui conseillent Orange. 
Rotschild et HSBC  HSBA.L  conseillent Bouygues, également 
assisté du cabinet Darrois. 
 
 (Avec Jean-Baptiste Vey, Arno Schuetze, édité par Jean-Michel 
Bélot) 
 

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  • jmlhomme le mercredi 20 jan 2016 à 10:24

    Pourquoi donc l'ETAT Francais aurait vocation à rester au Capital ??? La marché des telecoms est largement un marché mur. L'ETAT n'a rien à y faire. En comparaison il eut été plus normal d'etre chez Alcatel.... pour conserver la maitrise technologique.