Bouygues: l'échec des discussions avec Orange pèse lourd.

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(CercleFinance.com) - Tout ça pour ça. Après avoir annoncé jeudi s'être donné jusqu'à hier, 3 avril, pour parvenir ou non à un accord, Bouygues et Orange ont officialisé vendredi en début de soirée l'échec de leurs discussions en vue d'un rachat de Bouygues Telecom par l'opérateur historique.

Quelques mois après la fin de non-recevoir de Bouygues Telecom adressée à l'insatiable Altice, qui n'avait même pas eu 'droit' à la plus petite ébauche d'un dialogue, la perspective d'une consolidation au sein du secteur des télécoms n'est, de l'avis de nombre d'analystes, définitivement pas pour demain.

Natixis, qui a dégradé Bouygues d''acheter' à 'neutre', avec un objectif de cours réduit de 38 à 35 euros, a indiqué ce matin l'exclure 'pour un certain temps, au moins jusqu'aux prochaines élections présidentielles'. Plus mesurées, les équipes d'Aurel BGC estiment de leur côté que 'toute la question est maintenant de savoir si les discussions pourraient reprendre dans les prochains mois ou si le passage de 4 à 3 opérateurs est désormais hors sujet', tandis que leurs homologues d'Oddo jugent qu'il n'y aura 'pas de M&A en France avant 2 ans'. Même son de cloche chez Bouygues, selon lequel 'l'hypothèse d'une consolidation devient désormais durablement exclue'.

Pour l'heure, l'action Bouygues dévisse de 15,3% ce lundi matin à 29,8 euros vers 11h30 soit, de loin, la plus forte baisse de l'indice phare. C'est toutefois l'ensemble du secteur qui est à la peine en ce début de semaine, comme en attestent les lourdes baisses d'Orange (-4,5%) et surtout les décrochages d'Iliad (-13,7%) et Numericable-SFR (-15,9%), lesquels n'auraient évidemment pas boudé leur plaisir de voir un de leurs concurrents se faire absorber.

Pour en revenir à Bouygues, Natixis a ramené sa valorisation de Bouygues Telecom de 8,5 à 7 milliards d'euros. L'échec des discussions avec Orange consacre de son point de vue la fin de l'aspect spéculatif, qui portait le titre depuis début 2015. Un titre qui affiche à présent un bilan nettement négatif depuis le début de l'année (-18,5%) et qui a aussi été dégradé par Oddo, passé d''achat' à 'alléger' avec un objectif de cours 'sabré' de 40 à 26 euros et une valorisation de Bouygues Telecom sous les 6 milliards. Loin, très loin des 10 milliards d'euros proposés par Patrick Drahi il y a 10 mois à peine...

Entamées début janvier, les discussions avec Orange s'achèvent sur un échec que les opérateurs digèrent mal. Pour autant, Bouygues a maintenu l'objectif d'une marge d'Ebitda de Bouygues Telecom de 25% en 2017 et de 37% 'à plus long terme'. Et le groupe diversifié de se dire 'convaincu que le marché des télécoms représente un potentiel de croissance important, porté par le développement exponentiel des usages numériques, et que Bouygues Telecom est particulièrement bien placé sur ce marché pour bénéficier de cette dynamique'.

Interrogé par Le Figaro, Martin Bouygues a de son côté estimé que 3 opérateurs sur 4 étaient vraiment disposés à parvenir à un accord, épinglant en filigranes le fondateur de Free Xavier Niel. Le dirigeant a aussi évoqué des exigences 'très étranges' de Bercy, qui détient actuellement une participation de 23% dans Orange. Rappelons en outre que cette opération aurait impliqué un vaste partage des actifs de Bouygues Télécom entre Orange et ses concurrents Numericable-SFR et Free. D'après des calculs effectués par Natixis en début d'année, les parts de marché cumulées du groupe dirigé par Stéphane Richard et de Bouygues Telecom atteignaient en effet, en France, 51% dans le 'haut débit' fixe, 54% pour les magasins et 55% pour les abonnements et des fréquences mobiles. De quoi potentiellement susciter l'ire des autorités de la concurrence.

Reste le point de vue de l'Arcep (Autorité de régulation des communications électroniques et des postes), selon laquelle le marché demeure viable à 4 sous réserve de ne pas s'embarquer dans une guerre des prix inconsidérée. 'Les promotions nous inquiètent. Un petit peu de promotions c'est bien, mais trop, attention!', a averti son patron Sébastien Soriano sur France Info. 'Si les prix s'écrasent sur le marché, les opérateurs n'ont pas assez de marge pour financer les investissements', a-t-il également poursuivi. On ne saurait lui donner tort.

(G.D.)


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  • titide12 il y a 8 mois

    trop de gens surpayés dans ces sociétés qui ne souhaitent pas de modification du paysage des telécoms !!