Bouygues déprécie de 1,4 milliard d'euros sa participation dans Alstom

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BOUYGUES DÉPRECIE DE 1,4 MILLIARD D'EUROS SA PARTICIPATION DANS ALSTOM
BOUYGUES DÉPRECIE DE 1,4 MILLIARD D'EUROS SA PARTICIPATION DANS ALSTOM

PARIS (Reuters) - Bouygues a annoncé lundi qu'il allait enregistrer une dépréciation d'un montant de 1,4 milliard d'euros sur sa participation dans Alstom après l'annonce par ce dernier d'une révision à la baisse de ses perspectives.

Le groupe industriel diversifié, premier actionnaire du spécialiste des infrastructures électriques et ferroviaires dont il détient 29,33% du capital, précise que la dépréciation sera enregistrée dans ses comptes du quatrième trimestre.

Elle "sera sans impact sur la trésorerie du groupe et sur ses performances opérationnelles", assure la société dans un communiqué, ajoutant que la valeur de ses titres Alstom sera ainsi ramenée à 3,08 milliards.

Fin janvier, Alstom a annoncé qu'il abaissait ses prévisions de marge et de trésorerie en raison de la faiblesse persistante du marché des nouvelles centrales thermiques.

"Cette publication a conduit à une baisse significative des prévisions de flux de trésorerie des analystes financiers, élément utilisé par Bouygues dans la détermination de la valorisation retenue pour tester la valeur comptable de la participation d'Alstom (...) ", explique Bouygues.

En Bourse, le titre Bouygues a fini la journée en repli de 0,81% à 29,995 euros tandis que le CAC 40 abandonnait 0,11%. Alstom a gagné 0,24% à 20,97 euros.

Selon le quotidien Les Echos, le gouvernement a demandé il y a plusieurs mois déjà à un cabinet de consultants de mener une étude sur la situation du groupe "afin d'évaluer sa position sur ses différents marchés et ses options stratégiques".

L'article ajoute que "l'idée de rapprochements sur certains métiers est clairement évoquée ainsi que celle d'une arrivée de l'Etat, via une augmentation de capital".

Interrogée lundi soir par Reuters, une porte-parole d'Alstom a assuré qu'une telle augmentation de capital n'était "pas à l'ordre du jour" et a refusé de commenter l'information des Echos sur l'audit.

Le ministère du Redressement productif s'est refusé à tout commentaire.

SPÉCULATIONS RELANCÉES

Bouygues a déboursé en 2006 deux milliards d'euros pour racheter à l'Etat français sa participation dans Alstom, qu'il a par la suite étoffée par des rachats sur le marché.

L'annonce de Bouygues a relancé les spéculations sur ses intentions concernant sa participation dans Alstom, qui est confronté à une dégradation de son environnement de marché.

Pour faire face, Alstom a notamment annoncé son intention de vendre une participation minoritaire dans son pôle Transport et de supprimer dans un premier temps 1.300 postes pour accélérer ses économies, surtout en Europe.

"Je ne pense pas qu'ils soient très satisfaits de la situation chez Alstom pour le moment mais j'ai le sentiment que lorsqu'on a investi déjà autant, c'est très difficile de se désengager", estime Rob Virdee, analyste à Espirito Santo.

L'analyste souligne également qu'Alstom s'est efforcé de ménager son actionnaire en préparant des cessions d'actifs non stratégiques et en s'abstenant de réduire son dividende. Une stratégie qui pourrait toutefois s'avérer difficile à tenir, fait valoir un autre analyste.

"La vraie question est de savoir si Bouygues tolérera une réduction du dividende, ce qui est de mon point de vue inévitable, et s'il s'agit d'une dépréciation en vue d'une cession", estime Daniel Cunliffe, analyste à Nomura.

En 2012, la contribution d'Alstom au résultat net de Bouygues a été de 240 millions d'euros contre 190 millions l'année précédente.

Interrogé sur la question, Bouygues, qui publie ses résultats annuels la semaine prochaine, n'a souhaité faire aucun commentaire. Alstom n'a pas non plus souhaité s'exprimer.

Lors de la présentation de ses résultats sur neuf mois, en novembre, Bouygues avait réaffirmé qu'il souhaitait garder toutes les options ouvertes. "Nous ne sommes pas rigides sur cette participation", avait déclaré le directeur financier Philippe Marien. "Mais nous ne pensons pas que le moment soit le bon pour agir rapidement."

Gwénaëlle Barzic et Natalie Huet, édité par Marc Angrand

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  • M5774097 le lundi 17 fév 2014 à 23:09

    Une telle provision pour Bouygues : c'est une diminution du bénéfice mais surtout moins d'impôt à payer, non?. ça doit bien les arranger cette baisse de perspectives (?) pour Alstom !.

  • titide le lundi 17 fév 2014 à 13:58

    Bouygues a déjà fait une tres belle PV sur ses actions Alstom !