Bouteflika fera des réformes s'il est réélu, dit Sellal

le
2
BOUTEFLIKA FERA DES RÉFORMES S'IL EST RÉÉLU, DIT SON CHEF DE CAMPAGNE
BOUTEFLIKA FERA DES RÉFORMES S'IL EST RÉÉLU, DIT SON CHEF DE CAMPAGNE

par Patrick Markey et Lamine Chikhi

(Reuters) - Le président algérien Abdelaziz Bouteflika se remet de son accident vasculaire cérébral de l'an passé, parle avec son équipe tous les jours et est suffisamment en forme pour gouverner après l'élection présidentielle du 17 avril, déclare son directeur de campagne, Abdelmalek Sellal.

Abdelaziz Bouteflika, qui est âgé de 77 ans, est donné favori pour remporter la présidentielle de jeudi prochain et repartir pour un quatrième mandat de cinq ans. Il n'est pas apparu en public pendant la campagne.

En cas de réélection, il prévoit d'engager des réformes constitutionnelles pour renforcer la démocratie, indique Abdelmalek Sellal. Il y aura une limitation au nombre de mandats qu'un président peut effectuer et des pouvoirs accrus seront accordés aux partis d'opposition, ajoute Abdelmalek Sellal, qui a démissionné de son poste de Premier ministre pour diriger la campagne du chef de l'Etat.

"Il a la santé nécessaire pour assurer ses responsabilités. Je m'entretiens avec lui au téléphone tous les jours. Il suit la campagne au jour le jour", affirme le directeur de campagne, qui a accordé samedi un entretien à Reuters.

"Il commence à retrouver sa voix. Il lui faudra encore quelques jours avant de pouvoir à nouveau bien marcher", indique l'ex-Premier ministre. "Il n'est pas malade, il est en cours de rétablissement."

Abdelaziz Bouteflika, qui a passé trois mois en France l'an dernier pour se faire soigner, a fait une apparition à la télévision publique samedi aux côtés du ministre espagnol des Affaires étrangères.

On l'a aussi vu ce mois-ci avec le chef de la diplomatie américaine John Kerry, qui s'est rendu à Alger pour discuter coopération dans le domaine de la sécurité.

Les observateurs estiment que les cinq autres candidats n'ont que peu de chance face à un président sortant soutenu par le puissant Front de libération nationale (FLN), le parti qui domine la vie politique algérienne depuis l'indépendance.

Les chefs de l'opposition affirment pour leur part que cette volonté de se faire réélire encore une fois est le dernier souffle de la vieille garde du FLN et des généraux de l'armée algérienne qui se considèrent comme les gardiens de la stabilité et qui, pour la plupart, résistent au changement.

CORRUPTION

L'Algérie, disent les détracteurs du pouvoir en place, a besoin de réformes importantes pour attirer les investissements étrangers. L'économie est encore trop dépendante des revenus des hydrocarbures et le chômage est élevé.

Selon Abdelmalek Sellal, le président, s'il est réélu, prévoit de renforcer les pouvoirs du Premier ministre ainsi que l'autorité des partis d'opposition au parlement.

"Nous avons des problèmes avec l'administration, la bureaucratie, la justice et la corruption. Nous le reconnaissons", déclare Abdelmalek Sellal.

Pour promouvoir la candidature du chef de l'Etat, ses partisans ne manquent pas de rappeler qu'il est à leurs yeux celui qui a mis fin à la guerre civile des années 90 avec les islamistes qui a fait 200.000 morts. Ils ne manquent pas de souligner que l'Afrique du Nord est toujours aux prises avec l'instabilité et les violences liées aux révoltes des Printemps arabes de 2011, en Libye, en Egypte et en Tunisie.

"Les Algériens ont une grande confiance en Bouteflika," affirme le directeur de campagne. "Ils ne veulent pas se lancer dans une aventure inconnue; ils savent qu'il est capable de diriger. Nous pensons qu'il sera bien élu et proprement élu."

L'Algérie n'a pratiquement pas été touchée par le mouvement des Printemps arabes. Dans les années 80, le FLN avait déjà mis fin au système du parti unique, autorisant un système multipartite qui a amené les islamiques au bord du pouvoir.

Ceux-ci étaient en passe de remporter les élections législatives de 1991 qui furent alors annulées par l'Etat, contraignant les islamistes à la clandestinité. La sanglante guerre civile qui a suivi explique que l'Algérie ne connaîtra sans doute pas de révolte façon Printemps arabe, indique Abdelmalik Sellal.

"Cela ne nous concerne pas, nous avons réglé le problème en 1988", dit-il. "Puis, nous avons eu les années 90 avec 200.000 morts. Tous les Algériens ont vécu avec ça. Je ne sais pas ce que veut dire le Printemps arabe, cela ne me traverse même pas l'esprit".

Selon les observateurs, l'Algérie reste pour l'essentiel gouvernée par des manoeuvres en coulisse entre les factions du FLN et l'armée, une caste appelée "Le Pouvoir" en français, ce qui laisse peu de place à l'opposition.

Les principaux partis d'opposition se sont unis pour appeler au boycott du scrutin de jeudi, qui, estiment-t-il, est biaisé en faveur du FLN.

(Danielle Rouquié pour le service français)

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
  • mlaure13 le dimanche 13 avr 2014 à 20:01

    Discours à la Hollande...votez pour moi...demain on rase gratis ?!!!...

  • Julie.G le dimanche 13 avr 2014 à 12:44

    S'il se remet, les années a venir son ses années de gloire quand le programme des armées du globe son dans la tourmente.