Bourse : une longue file d'attente des introductions

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(lerevenu.com) - En dépit d'un marché boursier mal orienté, le grand conglomérat brésilien Votorantim prépare l'introduction en Bourse de sa filiale Votorantim Cimentos. Le cimentier prévoit de lever en Bourse environ 1 milliard de dollars, grâce à une double cotation à New York et Sao Paulo, selon les informations du Financial Times. Cette annonce intervient après celle de deux autres projets d'introduction en Bourse brésilienne, celle de l'activité de fidélisation de la compagnie aérienne Gol, en situation financière délicate, une levée de capital de 680,4 millions de dollars. De son côté, le groupe bancaire Banco do Brasil a lui aussi fait état de son projet d'introduire en Bourse, les actions de sa filiale d'assurance (BB Seguridade Paricipaçoes), pour un montant estimé à l'équivalent de 6 milliards de dollars. 

Cédric Chaboud, gérant de la sicav Skylar, à la société de gestion indépendante SPGP, se dit convaincu que la réouverture du calendrier des introductions en Bourse, en 2012, « est un mouvement qui va s'amplifier sur plusieurs années». Depuis le début d'année, le gérant a dénombré au Japon une trentaine d'introductions, certes, de capitalisations moyennes comprises entre 50 et 100 millions d'euros chacune. Mais, à la Bourse de Londres, une dizaine d'entreprises ont fait inscrire leurs titres à la cote, depuis le début janvier, en particulier Countrywide, le plus grand réseau d'agences immobilières du Royaume Uni, et l'assureur Esure Group. 

En Allemagne, le fabricant de câbles HellermanTyton s'est lui aussi introduit en Bourse : «Certains de ces titres nouvellement cotés ont pu afficher des performances de 10 à 15% de hausse, dans les premières semaines de leur cotation», fait valoir Cédric Chaboud dont la sicav est spécialement conçue pour participer aux introductions en Bourse, dans le monde entier. En Europe, le gérant prévoit ainsi plusieurs vagues de privatisations, comme en Pologne, qui a introduit récemment sa troisième plus grande banque (Bank Zachodni WBK), ou en Russie, qui a privatisé son opérateur de téléphonie mobile MegaFon et la Bourse de Moscou elle-même (Moscow Exchange). Dans les années à venir, Cédric Chabout s'attend à des privatisations en Italie, en Espagne et en Grèce. 

En Europe, une autre source d'introductions viendra, selon le gérant, d'opérations de démembrement et cotations de filiales de grands groupes bancaires ou télécom, à l'exemple de Santander Mexico et Telefonica Deutschland, deux placements de titres réussis. Dans le même secteur des télécom, France Telecom a déjà mis en compétition des banques en vue de l'introduction de Everything Everywhere (EE), sa coentreprise de téléphonie mobile, au Royaume Uni,  dont le capital est partagé avec Deutsche Telekom, depuis la fusion outre-Manche, en 2010, d'Orange et T-Mobile. Néanmoins, l'opération, valorisée 10 milliards d'euros par certains analystes cités par la presse britannique, intéresse aussi des fonds de capital-investissement, comme Apax et KKR. Dans les deux cas de figure, introduction en Bourse ou revente partielle à des fonds, France Telecom souhaite demeurer l'actionnaire majoritaire. 

En Europe, dans la liste qu'il a dressée des prochaines introductions en Bourse, Cédric Chaboud n'en a mentionné qu'une seule en France, celle de la Fnac. Le groupe PPR souhaite s'en désengager, en juin prochain, sous forme d'échange de titres remis à ses actionnaires. Au Danemark, les titres d'ISS (nettoyage industriel) devrait être proposés à la vente, au premier semestre. En Espagne, les titres de la société d'ingénierie et de construction Talgo pourraient être inscrits à la cote de Madrid, au second semestre. Aux Pays-Bas, la mise sur le marché des actions Ceva Logistics est aussi prévue pour le premier semestre, de même qu'en Suisse, celles de l'armateur Mediterranean Shipping Company. 

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