Bourse : peu de sicav ont résisté à la tourmente

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Seuls les fonds qui ont la liberté de se couvrir ont réussi à protéger bon an mal an les souscripteurs.

BILAN L'été 2011 laisse un souvenir amer aux épargnants qui détiennent des sicav «actions». Elles ont enregistré depuis la mi-juillet d'importantes pertes. Les fonds qui sauvent la mise sont très peu nombreux et très atypiques.

Les rares à afficher de belles performances sont des ETF (Exchange Traded Fund) très particuliers (les «Bear» ou «short») conçus pour réagir à l'opposé des grands indices boursiers comme le CAC 40 ou Euro Stoxx 50... Quand l'indice baisse ou monte, ces ETF (ou trackers) «short» ou «bear», eux, progressent ou reculent d'autant. Et voilà pourquoi le Lyxor ETF Short CAC 40 (chez Lyxor AM, du groupe Société générale) ou son rival chez Amundi (groupe Crédit agricole), Amundi Short CAC 40, par exemple se sont envolés tous deux de plus de 28 % depuis mi-juillet, selon Europerformance Six Telekurs (statistiques arrêtées au 23 septembre).

Un peu moins atypiques, une poignée de fonds «actions» ont aussi réussi à offrir des performances légèrement positives ou en tout cas à limiter les pertes à quelques pourcents. Ce sont presque toujours des fonds «nouvelle génération», qui se sont donné la liberté de couvrir leurs portefeuilles, en totalité ou en partie. Ils les protègent ainsi contre la baisse des actions.

C'est le secret par exemple de la bonne performance de Paraction, chez Somangest, un fonds pourtant éligible au PEA (plan d'épargne en actions). «Début juillet, nous étions exposés à 50 % aux actions. Puis, nous avons augmenté la couverture. Fin juillet, l'exposition avait été ramenée à 35 % et elle est tombée à 10 % dans les premiers jours d'août », explique Patrice Pailloux, PDG de la société de gestion. Même principe notamment pour Intrinsèque Flexible Europe Pea, de FinanceCom Asset Management.

Mais, pour l'immense majorité des fonds qui n'utilisent pas ces couvertures, l'été fut beaucoup plus meurtrier. Même les meilleurs gestionnaires, reconnus pour leur talent à sélectionner les titres, n'ont pas pu préserver le capital de leurs souscripteurs. «La baisse a été très violente. En Bourse, tous les secteurs, tous les thèmes ou presque ont été affectés, même si les entreprises à croissance visible durable, les grandes marques implantées sur les marchés émergents ont un peu mieux résisté », note Nicolas Caplain, directeur de la sélection de fonds externes de La Banque postale AM.

Les gestionnaires face à la crise

Réussir à limiter les pertes à 15 % ou 20 % depuis la mi-juillet (quand le CAC 40 a chuté de près de 27 % et l'Euro Stoxx 50 de 28 %) était déjà cet été une belle prouesse. Mais seuls les gérants qui avaient pris soin d'éviter les valeurs financières, les plus massacrées, ont pu l'accomplir. «Beaucoup de gérants avaient décidé de rester à l'écart des banques. S'ils gardent la même position aujourd'hui, ils risquent de rater le rebond sur ces valeurs», ajoute Nicolas Caplain.

Parmi les fonds qui ont ainsi atténué le choc, figurent Échiquier Excelsior, de la Financière de l'Échiquier (-13,95 %), KBL Richelieu Spécial, chez KBL Richelieu (- 14,94 %), Dorval Manageurs, chez Dorval Finance (-15,23 %), mais aussi Sycomore Twenty, chez Sycomore AM (-15,85 %), ou encore de Cogefi Prospective, chez Cogefi Gestion (-18 %). «Pour gérer les portefeuilles pendant la crise, nos gérants sont allés chercher des valeurs défensives et ont augmenté la part des liquidités en portefeuille », explique Guillaume Jonchères, PDG de Cogefi Gestion.

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