Bourse : les résultats inégaux des fonds activistes

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(lerevenu.com) - Dans l'échantillon retenu pour l'étude, les cas d'activisme actionnarial ont été au nombre de 113 aux États-Unis et 35 en Europe. Outre-Atlantique, le taux de réussite, partielle ou totale, paraît assez faible (18%), en tout cas très inférieur à ce qu'il est en Europe (44%) : «Cette étude qualitative permet de mesurer pour la première fois la capacité des fonds activistes à imposer des changements, explique Charles Fleming, associé de l'agence Havas ww Paris. Et même si les fonds activistes n'obtiennent pas toujours gain de cause, les entreprises demeurent vulnérables notamment en ce qui concerne les changements de P.-D.G. en Europe et l'orientation stratégique aux États-Unis.» 

Les secteurs de prédilection des activistes varient beaucoup des deux côtés de l'Atlantique. Aux Etats-Unis, les cibles favorites de l'activisme actionnarial appartiennent au secteur de l'énergie (25% des cas, contre 8% en Europe), alors qu'il harcèle davantage les conseils d'administration des sociétés cotées de l'industrie, en Europe. Un point commun aux deux continents : le peu d'attrait des activistes pour les entreprises pharmaceutiques et de biotechnologies (3 et 4%). 

Les requêtes les plus fréquentes des activistes portent, aussi bien aux États-Unis qu'en Europe, sur des questions de gouvernance (29%), qu'il s'agisse de demandes de sièges au conseil d'administration, de modifications de sa composition ou de séparation des fonctions de président et de directeur général. L'étude de l'agence de communication distingue une autre source d'interpellations par les fonds activistes, celles relevant du management, que ce soient les nominations, l'organisation, les rémunérations, ou les révocations, pour 23% du total en Europe et 16% aux États-Unis. 

Sur ces questions de management, les activistes obtiennent massivement gain de cause en Europe, puisque 88% de leurs demandes sont satisfaites, bien moins outre-Atlantique (20%), même partiellement. L'étude note aussi la grande réussite (50%) des fonds dans leurs demandes de réductions de coûts. À l'inverse, les fonds européens s'avèrent bien moins suivis (18%) quand ils portent leurs attaques sur les questions de gouvernance proprement dite, par exemple, le refus du cumul des fonctions de président et de directeur général. Aux États-Unis, leur taux de réussite atteint 48%. 

Autre surprise de l'étude, le goût des fonds activistes européens (31%) pour les questions de stratégie (politiques d'acquisitions, cessions, diversifications), malgré un taux de réussite de leurs actions très limité (33%) en la matière. Les activistes américains, eux, n'y portent qu'un intérêt limité (13%). À l'inverse, les activistes en Europe semblent assez peu intéressés par les questions de responsabilité sociale de l'entreprise et l'environnement (4%). Aux États-Unis, ces questions-là représentent 28% de leurs offensives contre les conseils d'administration. À l'évidence, leur peu de succès en ce domaine (3%) ne les décourage pas. 
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