Bourse : les actions européennes ont pris du retard (Amundi AM)

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Les stratégistes d'Amundi AM préfèrent les actions européennes aux actions américaine
Les stratégistes d'Amundi AM préfèrent les actions européennes aux actions américaines jugées à leur prix.

Tensions américaines. Jusqu'au 17 octobre, les investisseurs vont retenir leur souffle, dans l'attente d'un hypothétique accord sur le plafond de la dette publique américaine. L'hypothèse, auparavant jugée impensable, d'un défaut de paiement de l'Etat de la première économie mondiale commence ainsi à faire son chemin. Le bras de fer politique engagé entre Barack Obama et une Chambre des représentants majoritairement républicaine devra se terminer par un compromis mais les tensions sont telles que la volatilité devrait rester forte dans les prochains jours. Si le rebond de la croissance américaine n'est pas entamé pour le moment (+2,3% attendu en 2014 après +1,6% en 2013 selon les prévisions d'Amundi AM), ce scénario pourrait même être sérieusement mis en cause en cas de blocage persistant. « Certains économistes américains commencent à annoncer des scénarios plus négatifs, cette crise pouvant selon eux coûter entre 1 à 1,5 points de PIB, en rythme annuel, sur la croissance du Q4 » assurent les économistes d'Aurel BGC.

Un effet Janet Yellen ? La confirmation de la nomination de Janet Yellen à la tête de la Réserve Fédérale (Fed) devrait dans un premier temps rassurer les marchés. L'économiste démocrate âgée de 67 ans est réputée « colombe » et devrait poursuivre la politique ultra-accommodante de Ben Bernanke. A défaut d'un « tapering » drastique (une réduction marquée des achats d'actifs de la Fed qui s'élèvent chaque mois à 85 milliards de dollars), Janet Yellen ne devrait pas couper trop brutalement le robinet des injections de liquidités de peur de provoquer une nouvelle panique sur les marchés. « Nous vivons la fin de l'ère Volker (le gouverneur de la Fed de 1979 à 1987), quand les banques centrales cherchaient surtout à lutter contre l'inflation. Il est erroné de parler aujourd'hui d'une hypothétique « normalisation » de la politique de la Fed. Ce sont les mesures non conventionnelles qui deviennent la norme » estime Pascal Blanqué, directeur général délégué d'Amundi Group.

Le S&P à son plus haut historique. Pour 2014, le gestionnaire d'actifs anticipe une reprise de +0,9% en zone euro (vs. -0,5% en 2013). Le rebond en cours reste timide, l'Allemagne étant le seul pays de la zone où l'investissement a rebondi alors que la demande interne privée reste négative dans les pays d'Europe du sud. Néanmoins, Amundi AM reste positif sur les actions européennes alors qu'elle recommande la prudence sur les actions américaines jugées à leur prix (Le S&P évolue actuellement à des niveaux historiques). Parmi les thématiques à privilégier, les valeurs de croissance et celles liées au tourisme mondial devraient continuer de tirer leur épingle du jeu. Quant aux pays émergents, attention à ne pas trop vite enterrer une thématique qui va continuer de performer à moyen et long terme malgré les tensions financières à court terme.

Et la France ? Des grands indices occidentaux (S&P, Dax, Footsie, MSCI World), seul le Cac 40 n'a pas retouché ses plus hauts niveaux historiques (6.922 pts le 4/09/2000 en clôture). Même largement internationalisées, les sociétés françaises réalisent encore une part substantielle de leurs profits dans l'Hexagone. De même, la composition de l'indice, qui a considérablement évolué depuis 1987, est trop volatil selon les stratégistes d'Amundi AM qui relèvent que les valeurs sont généralement intégrées à l'indice quand elles ont déjà bien monté. La bonne tenue de la croissance mondiale en 2014 pourrait toutefois permettre aux entreprises françaises de publier des bénéfices par action en hausse. « Le retour des opérations de fusions&acquisitions et des taux d'intérêts bas devraient continuer de soutenir la hausse. Autour de 13-14, les PER ont retrouvé leur moyenne à 10 ans. Toutefois, la revalorisation ne peut plus être un moteur de la hausse des indices. Seule une progression des bénéfices pourra entraîner un relèvement des cours » pense Eric Turjeman, responsable des expertises actions chez Amundi AM. Un optimisme raisonnable de moyen terme qui passe néanmoins à court terme par la résolution de la crise politique aux Etats-Unis.

Julien Gautier

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Des signes d'apaisement aux Etats-Unis avec Matthieu Rolin (Prigest) sur BFM Business

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  • flexmoul le jeudi 10 oct 2013 à 17:45

    En cas de défaut des US, tout le monde va boire le bouillon actions/oblig américaines ou pas. Par contre pour le gold, very up !

  • couronee le jeudi 10 oct 2013 à 16:05

    Effet Yellen? Effet algos...Quant au retard prix par les bourses européennes, vous le voyez où avec le DAX et le CAC au plus haut?

  • NORDGHAZ le jeudi 10 oct 2013 à 15:46

    tant que les dirigeants chinois couvrent obama et son cirque on peut dire que le papier toilettes a plus de valeurs que l'once d'or... mais il suffit d'une crise sociale en chine car cette inflation monetaire dessert completement les pays emergents...

  • bafito le jeudi 10 oct 2013 à 10:52

    la "faillite" des US sera excellent pour l'europe occidentale, qui deviendra alors le refuge des investisseurs.