Bourse : la fin de l'austérité budgétaire ?

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(lerevenu.com) - Et pourtant elle monte. La Bourse paraît, en effet, ignorer superbement des indicateurs conjoncturels encore en berne. Ainsi, l'indice CAC 40, après une hausse de 3,58%, mardi, gagnait encore 0,70% en fin de matinée, mercredi. Pourtant, en Allemagne, le climat des affaires s'est détérioré plus que prévu. Comme le montre l'indice Ifo, qui a reculé, pour le deuxième mois consécutif, à 104,4 contre 106,7 en mars, alors que les économistes escomptaient un chiffre de 106,2.

Déjà, mardi, les indices PMI ?flash? publiés par l'institut Markit avaient décrit un recul surprise de l'activité en Allemagne. Mais les marchés financiers ont saisi ce prétexte pour anticiper un nouvel et prochain assouplissement de la politique monétaire de la Banque centrale européenne. La fièvre acheteuse s'est ainsi emparée, hier, des marchés d'actions. Aurel BGC donne sa version de ce regain paradoxal d'optimisme : ?Face à des indicateurs encore très mitigés en Europe, les investisseurs constatent que les tenants de l'austérité budgétaire à tout prix perdent la main dans la zone euro et ils anticipent que la BCE pourrait adopter des mesures supplémentaires de soutien à l'économie.?

Comment l'institut d'émission européen fera-t-il, alors que ses statuts ne donnent pas autant de liberté que la Réserve fédérale n'en a aux États-Unis, pour accroître les liquidités du marché bancaire et favoriser le crédit ? Le même courtier en est bien conscient : ?La BCE pourrait mettre en place des mesures pour assouplir les conditions de financement, notamment en direction des PME. Mais, avant, il faudra convaincre les membres du conseil des gouverneurs de l'efficacité des mesures envisagées.? En tout état de cause, le marché obligataire de la zone euro s'est encore détendu, les emprunts d'État français à dix ans tombant même à un plus-bas historique de 1,701%.

Dans les colonnes de la presse anglo-saxonne, les économistes américains ou anglais redoublent en tout cas d'ironie à l'égard des politiques d'austérité, aussi bien aux États-Unis qu'en Europe. Sans surprendre, puisqu'il enfonce le clou depuis plusieurs années, l'économiste Paul Krugman a ainsi titré, mardi, sa chronique du New York Times : ?La catastrophe du chômage.?

Et, dans le Financial Times, mercredi, Martin Wolf, critique lui aussi vertement l'obsession dominante du haut niveau des dettes publiques. Cette ?immense gaffe?, selon l'économiste britannique, les États-Unis et la Grande-Bretagne la commettent, alors que ces deux pays ont plus de marges de man?uvre que les États les plus endettés de la zone euro. C'est ce qui explique, selon Martin Wolf, que la reprise économique y soit aussi anémique.

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