Bourse et emprunts obligataires s'ouvrent davantage aux PME-ETI

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(lerevenu.com) - Un colloque de l'IMA sur l'accès aux marchés financiers des PME et des entreprises de taille intermédiaire (ETI) a rappelé leur trop grande dépendance au crédit bancaire.

En France, la nécessité de renforcer les fonds propres des entreprises relève d'une impérieuse nécessité, a expliqué Robert Ophèle, sous-gouverneur de la Banque de France, lors d'un colloque d'IMA France (Association internationale de gestion financière), à la chambre de commerce Paris-Île-de-France. En dépit d'un taux d'emprunt inférieur à celui de l'Allemagne, l'endettement des entreprises françaises représente, en effet, selon l'Insee, 140% de la valeur ajoutée alors qu'il n'est que de 80% pour leurs homologues d'outre-Rhin : «En France, l'endettement des entreprises ne cesse de progresser depuis vingt ans.»

Président du cabinet de conseil Ricol Lasteyrie, René Ricol se dit, lui, convaincu que la situation de surendettement des PME et des ETI «ne peut plus durer, même si l'on finit le plus souvent par trouver des solutions avec les banques». Un réel raccourcissement des délais de paiement, «un coût pour l'entreprise», réduirait déjà le besoin de faire appel aux crédits bancaires, estime l'ex-médiateur du crédit, lui aussi partisan de tout ce qui peut amener les entreprises à lever du capital ou de la dette sur les marchés. Pour l'instant, en France, seulement 1% des PME et ETI sont cotées en Bourse, alors que 7% ont des fonds de capital-investissement à leur capital, le reste (92%) se finançant exclusivement par crédit bancaire.

Néanmoins, les initiatives se multiplient pour apporter des fonds propres, ou de la dette obligataire, aux PME et aux entreprises de taille intermédiaire. Des fonds, Nova 1 et 2, ont été ainsi lancés par la Caisse des dépôts et consignations (CDC) qui a entraîné à sa suite une cohorte d'assureurs pour investir dans des PME et ETI cotées. Mais, comme l'a rappelé Thierry Giami, conseiller à la direction de la CDC, l'endettement obligataire commence aussi à prendre le relais de la dette bancaire, mais «il faut concevoir des fonds spécialisés pour faire des prêts obligataires à des PME-ETI pour des montants de 10 à 50 millions d'euros». D'ores et déjà, des assureurs ont permis de lever 1,15 milliard d'euros pour financer entre trente et cinquante entreprises pendant dix ans.

Président de l'Autorité des marchés financiers (AMF), Gérard Rameix a confirmé, lors de ce colloque animé par Pascal Quiry, co-auteur du guide de gestion financière Vernimmen, que l'émission d'emprunts obligataires se développait à un bon rythme : «En 2012, 70 à 75 milliards d'euros ont été émis par des entreprises françaises à des taux favorables.» Le dirigeant du régulateur des marchés a néanmoins regretté les deux ou trois cas «malheureux» d'emprunts obligataires de PME qui proposaient une rémunération de deux à trois fois le taux sans risque des emprunts d'État. Gérard Rameix préfère des placements collectifs mutualisant le risque obligataire PME tel que le fonds spécialisé Mikado, qui a regroupé plusieurs émissions obligataires de petites entreprises : «L'emprunt obligataire placé directement auprès des épargnants est très dangereux.»

Dans un rapport sur le financement des PME et ETI, sorti en novembre 2011, Gérard Rameix, Thierry Giami avaient notamment préconisé, outre de nouveaux modes d'accès aux financements obligataires, la création d'une Bourse adaptée aux petites et moyennes entreprises : «Le coût de la cotation peut s'avérer un écueil pour certaines PME, encore qu'il faille en relativiser l'importance, car c'est l'inflation réglementaire déraisonnable qui est devenue une véritable absurdité», accuse Thierry Giami.

Marc Lefèvre, directeur des cotations en euros de Nyse Euronext, a expliqué qu'Enternext serait «une véritable place de marché des PME-ETI», d'une capitalisation boursière inférieure à 1 milliard d'euros, ce qui représente un gisement de 750 sociétés, dont 72% françaises : «Enternext qui a été lancé en juin dernier, a pour objectif 80 admissions à la cote d'ici à trois ans, et prévoit d'atteindre 4 milliards d'euros de fonds propres levés d'ici à trois ans», alors qu'en 2013, augmentations de capital et introductions en Bourse devraient totaliser plus de 2 milliards d'euros.

Enternext, pour réussir, devra donc compter sur l'adoption des mesures facilitant l'investissement des compagnies d'assurance en actions, tel que le préconise le rapport Berger-Lefebvre. Enfin, la création du PEA-PME pourrait drainer 4 milliards d'euros, selon plusieurs estimations de place. Pascal Imbert, président de l'association Middlenext, ne regrette pas, en tout cas, d'avoir introduit sa société de conseil informatique, Solucom, en Bourse : «Depuis, notre chiffre d'affaires a progressé de 8 millions, en 2001, à 130 millions d'euros, aujourd'hui.»

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