Bourse : divorce à l'italienne

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(lerevenu.com) - Le regain général d'intérêt pour les actions va-t-il prendre fin encore plus tôt que prévu ? La perspective d'une remise en cause des acquis de rigueur imposés par Mario Monti inquiète en tout cas les marchés financiers, bien au-delà de la Bourse de Milan qui cédait 4% dans la matinée. Dans une note de commentaire de l'élection italienne (?Non habemus majoritate?), le courtier Oddo Securities rappelle qu'une prime de risque va s'imposer, à nouveau à l'Italie, car le pays, qui ?n'a pas véritablement de problème de déficit public?, n'en souffre pas moins d'une dette ?considérable équivalente à 130% du produit intérieur brut?.

C'est la difficulté à refinancer ce fardeau que les marchés anticipent : l'écart de rendement entre les obligations à dix ans du Trésor italien et celle de l'Etat allemand a ainsi bondi en une journée de 283 à 341 points de base, son plus-haut niveau depuis décembre 2010. Le cercle vicieux paraît bien bouclé : l'État italien paiera plus cher pour honorer ses dettes, ce qui va dégrader d'autant ses finances publiques. Le marché obligataire compense, en effet, par des rendements plus élevés la détérioration anticipée de la solvabilité du Trésor italien.

La crainte que l'Italie mette fin bientôt à sa cure d'austérité déstabilise ainsi toute la zone euro, la devise européenne en premier lieu qui s'était beaucoup appréciée, ces dernier mois. Ce que les entreprises exportatrices européennes ne vont d'ailleurs pas déplorer. Mais, en Bourse, les valeurs les plus attaquées sont les bancaires. À Paris, Société Générale, BNP Paribas et Crédit Agricole, arrivent en tête des plus fortes baisses dans l'indice CAC 40, en perdant toutes les trois encore 6%, en fin de matinée. Normal : le marché anticipe, entre autres, de nouvelles pertes sur tous les obligations d'Etat du sud de l'Europe qu'elles détiennent dans différents portefeuilles.

En Italie, pas plus qu'ailleurs, le pire n'est jamais sûr. Cependant, les marchés d'actions vont sans doute prendre quelques jours pour digérer ce nouveau divorce à l'italienne d'avec les réalités économiques et budgétaires. Avec ce pays, la seule chose qui demeure prévisible, c'est précisément son caractère imprévisible. Dans l'Europe du sud, il n'est d'ailleurs pas le seul dans ce cas... Ce n'est pas non plus une raison suffisante pour se détourner durablement des placements en actions.

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