Bourse : Ces questions que vous n'osez pas poser ...

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CAC 40, parité euro-dollar, rendement, etc. : la Bourse est un monde codé dans lequel les non-initiés peinent à trouver leurs repères. Décryptage pour vous aider à mieux comprendre.


De près ou de loin, vous ne pouvez y échapper : la Bourse est au coeur de l'actualité économique. Il est pourtant souvent difficile de comprendre pourquoi l'indice CAC 40 s'envole ou chute de plusieurs points à l'annonce d'une statistique économique, d'un changement de politique monétaire ou de la décision d'un trader. Notre objectif : vous donner les principales clés pour comprendre la Bourse et, éventuellement, vous aider à y investir. Car les actions demeurent, même après une décennie décevante, un élément central de la gestion de patrimoine, en particulier dans l'optique de la préparation de la retraite.


1 Quelle est la perte maximale en Bourse ?

100 % ! Les actions sont des placements à risque : vous pouvez, cela s'est vu depuis dix ans, perdre la quasi-totalité de votre investissement. Pour autant, la probabilité de perdre l'intégralité de votre mise reste minime. En effet, si le cours d'une action évolue en fonction de l'offre et de la demande, certains facteurs concrets servent d'amortisseurs à la baisse. Il s'agit, par exemple, de la valeur des actifs (immobilier, marques, stock, usines de production, etc.) détenus par l'entreprise. Au-delà du risque de perte, il faut surtout retenir que la performance de votre portefeuille boursier peut varier considérablement d'une année à l'autre. Ainsi, l'indice phare de la Bourse de Paris, le CAC 40, a perdu 42 % en 2008, une année terrible, avant de progresser à nouveau de 22 % en 2009.


2 Les actions sont-elles le meilleur placement à long terme ?

C'est un argument fréquemment avancé par les banquiers pour vous inciter à investir en Bourse. Jusqu'à ces dernières années, toutes les études statistiques démontraient en effet que sur une longue période, la Bourse était plus performante que les autres types de placements comme l'immobilier, les obligations ou encore l'or. Pourtant, la crise financière qui affecte le monde depuis la mi-2007 remet en cause ce postulat. D'après les calculs de l'Institut de l'épargne immobilière et foncière, les actions françaises affichent un taux de rentabilité interne (TRI, c'est-à-dire la performance annuelle globale) de - 0,5 % entre 1999 et 2009, piètre résultat à comparer à + 10,1 % pour l'or, + 10,7 % pour les SCPI (placement immobilier) et + 2,7 % pour le Livret A.

Cela ne signifie pas pour autant que les actions doivent toutes être « virées » de votre patrimoine. Mais la prudence impose plus que jamais de diversifier vos actifs entre différents types de placements (actions, assurance-vie en euros, produits sans risque, immobilier, or). Il est par ailleurs indispensable d'investir en Bourse des sommes dont vous n'aurez pas besoin à court terme : les actions nécessitent au minimum un horizon d'investissement de 8 à 10 ans, voire plus, comme le prouve l'évolution du CAC depuis 2000.


3. Dois-je investir sur une action ou sur une Sicav ?

Tout dépend de votre degré d'implication. Si vous êtes suffisamment averti, vous pouvez gérer vous-même votre portefeuille boursier, en ouvrant un compte chez un courtier en ligne. Vous pourrez ainsi passer vous-même vos ordres de Bourse via Internet pendant les heures d'ouverture du marché. Mais cet exercice nécessite de sérieuses connaissances boursières et financières. Il vous faudra impérativement diversifier votre portefeuille sur plusieurs actions : mieux vaut investir 5 000 ? sur cinq titres plutôt que de placer 25 000 ? sur une seule valeur.
Les épargnants moins à l'aise avec la Bourse, ou ceux n'ayant ni l'envie ni le temps de s'y consacrer, peuvent néanmoins placer une partie de leur patrimoine en actions via des Sicav ou des FCP (fonds communs de placement). Ces deux termes désignent des fonds gérés par un professionnel qui investit sur un ou plusieurs types d'actifs en fonction de sa mission. Il existe ainsi 12 000 fonds d'actions françaises, européennes, américaines, internationales, ou encore des fonds obligataires, monétaires, et même des fonds diversifiés sur tous ces placements.

Vous pouvez souscrire ces produits dans votre banque ou, pour bénéficier d'un choix plus large, auprès d'un courtier en ligne ou encore via une assurance-vie multisupport en ligne ouvrant un large choix d'unités de compte, etc. Avantage des fonds, vous déléguez la gestion à un professionnel qui se consacre à 100 % à cette activité. Cela ne signifie pas pour autant qu'il fera des miracles : lorsque le CAC 40 s'effondre, les fonds actions françaises suivent peu ou prou le même chemin. Investir via une Sicav permet cependant de mieux diversifier les risques : son portefeuille peut être investi sur une cinquantaine d'actions différentes, voire plus. Enfin, il est beaucoup plus simple d'acheter des actions américaines ou des pays émergents en investissant par des Sicav internationales.


4. La performance de mon portefeuille sera-t-elle identique à celle du CAC 40 ?

Composé des quarante plus grandes sociétés par la capitalisation boursière, l'indice CAC 40 donne une indication de la tendance du marché. Mais si vous gérez vous-même votre portefeuille boursier, votre performance risque d'être sensiblement différente de celle du CAC 40 car vous ne détenez pas exactement les mêmes titres. Quant aux Sicav, tout dépend de leur mission. Certains fonds dits « indiciels » cherchent à reproduire fidèlement les performances d'un indice boursier, à la hausse comme à la baisse. D'autres, en revanche, tentent d'afficher des performances supérieures, en s'éloignant avec plus ou moins de liberté de la composition de l'indice. Dans ce cas, leur résultat peut se révéler assez éloigné de celui l'indice. Ainsi, les Sicav d'actions françaises enregistrent une perte de 8,7 % au premier semestre 2010, alors que le CAC 40 a plongé de 14,9 %.


5. Qu'est-ce qui fait monter le cours de Bourse d'une valeur ?

Lorsque les acheteurs sont plus nombreux que les vendeurs, le cours d'une action progresse et inversement si les vendeurs dominent le marché (un titre chute tant qu'il ne trouve pas d'acheteur à un cours donné). De nombreux facteurs expliquent l'appétit (ou la méfiance) des investisseurs pour un titre : la conjoncture économique mondiale, les anticipations de chiffre d'affaires et de bénéfice, le taux de change, le niveau des taux d'intérêt, le prix des matières premières, etc. Au-delà de quelques points communs, chaque secteur d'activité réagit, en Bourse, à des éléments différents. Ainsi, de nombreuses sociétés réalisant une part importante de leur chiffre d'affaires dans les marchés émergents bénéficient du dynamisme de ces pays (par exemple : les valeurs du luxe comme LVMH). La croissance chinoise, aux environs de 10 % cette année, soutient l'activité et les bénéfices de nombreuses sociétés européennes qui souffrent par ailleurs sur leur marché local d'une économie en berne.

Autre exemple, la hausse ou la baisse du cours du pétrole impacte directement les valeurs pétrolières qui peuvent ainsi vendre leur production plus ou moins cher, mais cela touche aussi, indirectement, le secteur des énergies renouvelables : en effet, un pétrole cher relance systématiquement la demande d'énergie renouvelable, dont les prix deviennent compétitifs par rapport à ceux de l'or noir. Attention, ce ne sont pas seulement les prix à l'instant « t » qui poussent le marché à la hausse, mais plutôt les anticipations des analystes. Ainsi, lorsque les experts prédisent une envolée du prix du baril, le cours de Bourse des valeurs pétrolières comme Total prend le chemin de la hausse.

De leur côté, les banques sont sensibles au niveau des taux d'intérêt, mais surtout à la conjoncture monétaire mondiale. Ainsi, la crise financière grecque affecte l'ensemble des banques européennes, et plus particulièrement le groupe Crédit agricole, propriétaire d'Emporiki, une banque locale de premier plan, en grande difficulté. Le lien entre la santé de l'économie grecque et les comptes de la banque française est donc immédiat. Pour chaque société, vous devez donc identifier l'ensemble des facteurs pouvant influer positivement ou négativement sur son cours de Bourse avant d'investir.
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