Bottega Veneta et YSL volent la vedette à Gucci chez PPR

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Bottega Veneta et YSL volent la vedette à Gucci chez PPR
Bottega Veneta et YSL volent la vedette à Gucci chez PPR

par Pascale Denis

PARIS (Reuters) - PPR a fait état mercredi d'une nette hausse de son chiffre d'affaires au premier trimestre, porté par ses marques de luxe qui ont compensé le léger repli des ventes de la Fnac et la faible progression de celles de Puma.

Le groupe propriétaire de Gucci, Yves Saint Laurent, Puma, Fnac et Redcats, a vu ses ventes progresser de 15,4% à 3,258 milliards d'euros au cours des trois premiers mois de l'année. A taux de change constants, la hausse ressort à 7,9%.

Très attendu après un fort ralentissement au quatrième trimestre 2011, Gucci, fleuron des marques de luxe du groupe (la griffe pèse pour la moitié de la rentabilité) a vu sa croissance organique légèrement décélérer d'un trimestre à l'autre, à 11,6%, après 12,2% au 4e trimestre 2011 et après une progression de 18,7% sur l'ensemble de 2011.

La croissance de la griffe florentine est cependant supérieure aux attentes des analystes qui tablaient en moyenne sur un ralentissent plus marqué (+10%).

Le pôle mode et maroquinerie de LVMH a lui aussi vu sa croissance organique ralentir au premier trimestre (+12%), alors que nombre d'analystes tablent sur un ralentissement du secteur du luxe en 2012 après des hausses souvent supérieures à 20% en 2011.

Gucci a été impacté par un marché "relativement difficile" en Corée du sud et à Taiwan, ce qui a ramené la croissance organique de la marque en Asie hors Japon (38% des ventes) à seulement 8%, tandis qu'elle a atteint 18% en Chine continentale, a indiqué Jean-Marc Duplaix, directeur financier du groupe lors d'une conférence téléphonique.

Aux Etats-Unis, la croissance de Gucci a été limitée à 9% et en Italie, où les acteurs du luxe souffrent de la crise et des mesures d'austérité, Gucci a connu une "faible croissance".

PERFORMANCES DE BOTTEGA VENETA ET YSL

Mais ce sont Bottega Veneta, la pépite du cuir tressé, et Yves Saint Laurent qui volent la vedette à Gucci. Après une croissance déjà explosive en 2011, qui avait dépassé les 30%, leurs ventes ont grimpé de 33% et 40% respectivement.

Cette progression est d'autant plus remarquable qu'elle s'est faite à magasins presque constants : Bottega Veneta a procédé à une ouverture nette de boutique, YSL à trois.

Ces performances, doublées de celles des autres griffes comme Balenciaga, Stella McCartney ou le joaillier Boucheron, ont permis à l'ensemble du pôle luxe de PPR d'afficher une croissance organique de 17,8%.

"Les chiffres de Bottega Veneta et YSL sont très nettement supérieurs aux attentes", commente Léopold Authié, analyste d'Oddo Securities.

Un autre évoque une performance "sans grand relief chez Gucci, décevante chez Puma et moins pire que prévu pour la Fnac.

Le distributeur de produits culturel a limité la baisse de ses ventes à 0,8% (à taux constants) après une année noire en 2011, alors que les analystes s'attendaient un repli plus marqué, dans un contexte économique dégradé en France et un environnement concurrentiel très rude.

Puma, dont PPR détient 80%, a quant à lui publié mercredi matin des résultats jugés décevants par les analystes, marqués notamment par une baisse de ses ventes de chaussures de sport dans les marchés matures.

L'équipementier sportif devra rapidement s'atteler à l'ajustement de son offre sur le segment des chaussures dites "techniques" pour pouvoir tenir la distance face aux géants Nike et Adidas.

Les ventes de Volcom, la marque américaine acquise il y a près d'un an par PPR pour étoffer son pôle de "mode sportive" n'ont guère bougé (-0,8%), restant limitées à 65,6 millions d'euros.

Interrogé sur le processus de cession de Redcats, les activités de vente à distance mises en vente par PPR (La Redoute, Vertbaudet) Jean-François Palus, directeur général délégué du groupe, s'est contenté de réaffirmer que les discussions "se poursuivaient" avec plusieurs acquéreurs potentiels.

Les chiffres de PPR ne comprennent plus ceux de Redcats, ni de la Fnac en Italie, les actifs étant destinés à être vendus pouvant être sortis du périmètre.

Edité par Jean-Michel Bélot

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  • paul1081 le mercredi 25 avr 2012 à 20:35

    Le pôle mode et maroquinerie de LVMH a lui aussi vu sa croissance organique ralentir au premier trimestre (+12%), alors que nombre d'analystes tablent sur un ralentissement du secteur du luxe en 2012 après des hausses souvent supérieures à 20% en 2011.Je ne savais pas que PPR avait racheté tout ou partie de LVMH ? Ah les dépêches d'agences !