Bosch réussit sa reconversion industrielle à Lyon

le
0

par Catherine Lagrange

LYON (Reuters) - Promise à la fermeture en 2010, l'usine Bosch de Vénissieux, dans la banlieue lyonnaise, renaît de ses cendres grâce à la fabrication de panneaux photovoltaïques dans la plus moderne et importante unité de production de ce type en France.

Le groupe allemand entend faire de ce site la tête de pont du photovoltaïque pour l'Europe du Sud et le Nord de l'Afrique, ainsi qu'un modèle du "produire français" qui est au coeur de la campagne électorale en France.

Après huit mois de travaux, la nouvelle unité de production de modules photovoltaïques de Bosch entre progressivement en fonction et les 200 salariés de cette usine produiront, en pleine capacité, d'ici le mois de juillet, 2.000 panneaux par jour, soit 600.000 modules par an.

"Cela correspond à la consommation de 51.000 foyers français", explique Jürgen Pressl, membre du directoire de Bosch Solar Energy.

Cette usine fait pourtant office de miracle industriel.

En 2010, l'usine Bosch de Vénissieux était promise à la fermeture. Spécialisée dans la production de pompes à injection diesel, elle était condamnée par un marché en chute.

Grâce à un investissement de 25 millions d'euros, la reconversion du site a permis de sauver 200 des 450 emplois précédemment recensés.

"Le succès de la transformation de Vénissieux est le fruit d'un dialogue social exemplaire, inédit et assez allemand", dit Guy Maugis, président de Robert Bosch France.

Pour passer de la fabrication de pompes à injection à celle de modules photovoltaïques, les salariés français de Bosch ont dû partir en Allemagne pour suivre une formation.

"J'ai été tout de suite volontaire", explique Christelle Trioulaise, 45 ans, qui est placée au contrôle qualité. Elle se réjouit de conditions de travail, "plus confortables, moins bruyantes, plus intéressantes car nouvelles".

"Mais j'ai surtout pu conserver mon emploi, et c'est ça l'essentiel", conclut l'ouvrière.

"MADE IN FRANCE"

Le groupe Bosch a installé cette nouvelle unité de production en région lyonnaise, non pas par philanthropie, mais par stratégie.

"Le marché français est très important pour nous et ici, il nous faut proposer du 'made in France', il nous faut produire sur place", explique Axel Becker, qui a dirigé le projet de reconversion.

Jürgen Pressl insiste aussi sur la proximité des marchés comme l'Italie, l'Espagne, l'Afrique du Nord, qui sont "des clients potentiels".

"Vénissieux doit devenir la tête de pont photovoltaïque pour l'Europe du Sud et le Nord de l'Afrique", dit-il.

Bosch se fixe pour objectif de devenir leader sur le marché du photovoltaïque, les énergies renouvelables étant selon le groupe allemand la tendance lourde de l'avenir, l'époque des énergies fossiles étant selon lui révolue.

Le groupe a consacré plus de quatre milliards d'euros à la recherche et déposé plus de 4.000 brevets en 2011.

Pourtant, ses dirigeants reconnaissent que sur ce marché extrêmement concurrentiel, la partie n'est pas gagnée, et que l'investissement est encore loin d'être rentable.

"La lutte des prix est exacerbée, il faut laisser passer un certain temps, et au final, nous pensons gagner sur une qualité très élevée de nos produits", dit Jürgen Pressl.

En 2011, Bosch Solar Energy a réalisé un chiffre d'affaires de 800 millions d'euros, en baisse par rapport à l'année précédente à cause de la chute des prix des modules.

Edité par Yves Clarisse

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant