Boris Cyrulnik : "Hollande est trop à l'écoute pour trancher"

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François Hollande.
François Hollande.

Le Point : François Hollande manque-t-il de force ?

Boris Cyrulnik : La force peut venir de la psychopathologie, un terme que je n'apprécie pas trop, car il est souvent mal compris, mais qui peut servir d'étiquette. Les hommes et les femmes forts n'ont pas le sentiment de l'autre, ils ne sont pas freinés par l'empathie ou le doute. Les chefs d'État, les gouvernants, les décideurs sont souvent des psychopathes, soumis à une seule représentation du monde : la leur. Ils vivent dans leur monde, donc ils considèrent avoir raison et être forts. La force en politique est à la fois nécessaire et abusive. Nécessaire, parce qu'elle permet de diriger. Abusive, car elle implique de taire les opinions critiques. Ce qui, chez François Hollande, ressemble à une absence de force est, selon moi, le signe de son empathie. Les autres existent pour lui, il les écoute et en tient compte. Je le crois être un homme équilibré mais cafouilleux.

Un homme cafouilleux peut-il diriger ?

François Hollande ne tranche pas, au contraire de Nicolas Sarkozy, grand trancheur, lui. Les hommes qui passent à l'acte donnent l'impression d'avoir du caractère, parce qu'ils choisissent d'imposer leur opinion. François Hollande ne manque pas de volonté, mais il est embarrassé d'un excès de scrupules. Il est plus scientifique que chef d'État. Son sens de la nuance lui joue manifestement de mauvais tours, ce qui fait cependant de lui un être moral.

En laissant...

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