Bordeaux sur le qui-vive après la menace chinoise sur les vins

le
0
LA FILIÈRE VITICOLE BORDELAISE VIGILANTE APRÈS L'ANNONCE DE LA CHINE
LA FILIÈRE VITICOLE BORDELAISE VIGILANTE APRÈS L'ANNONCE DE LA CHINE

BORDEAUX (Reuters) - La filière viticole bordelaise est vigilante après l'annonce par la Chine, son premier client à l'exportation, d'une enquête sur les vins européens en représailles à la hausse des droits de douane européens sur les panneaux solaires chinois.

L'enjeu pour le plus grand vignoble de vins fins du monde est de taille, la Chine pesant aujourd'hui plus de 20% des exportations avec une progression constante pour atteindre 538.000 hectolitres, soit 72 millions de bouteilles en 2012.

En valeur, elle n'est dépassée que par le Royaume-Uni, qui a importé en 2012 pour 420 millions d'euros de vins de Bordeaux, contre 338 millions d'euros pour les Chinois.

"C'est à prendre très au sérieux. Pour Bordeaux, c'est essentiel car c'est la première destination à l'exportation et surtout parce que la Chine est un terrain de développement considérable", a dit à Reuters Allan Sichel, le président de l'Union des maisons de Bordeaux, le syndicat des négociants.

Le ministère chinois du Commerce a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête sur les importations de vins de l'Union européenne (UE) en représailles à la hausse des droits de douane européens sur les panneaux solaires venus de Chine.

Le gouvernement chinois a déclaré dans un communiqué qu'une procédure antidumping et antisubventions avait été ouverte.

Pour Allan Sichel, "du dumping dans les vins de Bordeaux il n'y en a pas. On espère qu'en le démontrant, en abordant les discussions de manière sereine avec la Chine, on va désamorcer cette bombe qui peut-être très grave pour notre filière".

Pierre Lurton, qui gère notamment château d'Yquem, emblème des vins de Sauternes, et Cheval-Blanc l'un des quatre domaines classés "premier grand cru A", de Saint-Emilion, ne semble pas trop inquiet.

"Il faut être vigilant mais je ne suis pas inquiet outre mesure. Il est difficile d'apprécier les retombées de telles mesures si elles étaient prises, et je ne sais pas si les Chinois vont sacrifier leur vin préféré pour une histoire de panneaux solaires", a-t-il dit à Reuters.

Le succès des vins de Bordeaux en Chine est tel que près d'une cinquantaine de châteaux, dont quelques grands crus, ont été achetés par des investisseurs chinois.

"Je ne vois pas de problème. Le phénomène de mode n'est pas près de s'arrêter. Chaque fois qu'un client vient en visite, il vient avec des amis et ça fait boule de neige", explique à Reuters Karin Maxwell de l'agence immobilière Maxwell-Storrie-Baynes, spécialisée dans la vente de vignobles.

"Même si le vin était surtaxé, je ne pense pas que ça arrêterait les investissements chinois, ni même les ventes de vin en Chine car la classe moyenne est énorme et a les moyens."

Claude Canellas, édité par Yves Clarisse

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant