Bonduelle veut réduire son exposition à la France

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par Noëlle Mennella et Alice Cannet

PARIS (Reuters) - Bonduelle veut réduire la part de son activité en France et, globalement, en Europe de l'Ouest où la consommation reste morose, et se développer en Amérique du Nord et en Europe de l'Est où le groupe a réalisé récemment une série d'acquisitions.

Dans un entretien accordé à Reuters, le président du groupe spécialisé dans les légumes en conserve et surgelés estime que la France pourrait ainsi représenter moins de 20% de ses ventes dans environ cinq ans, contre 36% actuellement.

La stratégie du groupe consiste à "diluer la France et l'Europe dans son ensemble, pour des raisons de risques mais aussi de rentabilité", souligne-t-il.

Bonduelle a dégagé une marge opérationnelle d'à peine 2,2% dans l'Union européenne au premier semestre de l'exercice 2011-2012, alors qu'elle atteint 12,9% dans le reste du monde.

"Les deux tiers du chiffre d'affaires ne génèrent qu'un tiers de notre rentabilité et vice-versa. Il n'y a pas besoin d'être grand stratège pour dire allons plutôt hors d'Europe", observe Christophe Bonduelle.

Cet écart de rentabilité, constaté de longue date, a d'ailleurs incité le groupe, créé en 1853, à s'engager dans des opérations de croissance externe en dehors de l'Union européenne.

En mars, Bonduelle a acquis aux Etats-Unis trois usines de transformation et un centre de conditionnement de légumes surgelés appartenant au groupe américain Allens ainsi que des actifs industriels et commerciaux du groupe coopératif Cecab en Russie.

UN FINANCEMENT PAR DETTE

Pour ces acquisitions, le groupe a choisi de s'endetter plutôt que de procéder à une augmentation de capital.

Selon le président, "l'ordre de grandeur" de la dette financière nette du groupe à l'issue de l'exercice 2011-2012 devrait ainsi se situer à 591 millions d'euros, comme le prévoit des analystes, alors qu'à la fin de l'exercice 2010-2011 elle totalisait 492 millions d'euros.

Ces acquisitions vont permettre au chiffre d'affaires du groupe de dépasser 1,8 milliard sur l'exercice 2011-2012, clos le 30 juin, contre 1,7 milliard d'euros un an plus tôt.

"On va passer le cap des deux milliards d'euros sur l'exercice 2012-2013", prévoit Christophe Bonduelle.

Les usines d'Allens vont apporter près de 130 millions d'euros de chiffre d'affaires sur l'exercice 2012-2013, un montant qui sera porté à 170-180 millions dans les trois prochains exercices.

"A horizon trois ans, l'Amérique du Nord va représenter de l'ordre de 500 millions d'euros de chiffre d'affaires" alors que sur l'exercice à fin juin 2011, les ventes de cette zone s'étaient chiffrées à 284 millions d'euros.

Les acquisitions réalisés en Russie auront un "impact extrêmement limité" sur l'exercice 2011-2012 mais elle devraient ajouter en 2012-2013 un chiffre d'affaires de l'ordre d'une dizaine de millions d'euros.

"En revanche cette opération devrait surtout nous rapporter de la rentabilité car nous allons "russifier" une partie plus importante de notre fonds de commerce là-bas".

Vers 10h30, l'action Bonduelle cédait 1,36% à 72,4 euros (-1,36%) faisant ressortir une capitalisation boursière de 579,20 millions. Elle a progressé de 15,8% depuis le début de l'année.

Noëlle Mennella, édité par Jean-Michel Bélot

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  • paumont1 le lundi 23 avr 2012 à 12:50

    et moi je vais réduire mes achats de produits Bonduelle à zéro....