Bombardier supprimera 7.500 postes de plus d'ici 2018

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 (Actualisé avec précisions, commentaire, cours de Bourse) 
    par Allison Lampert 
    MONTREAL, 21 octobre (Reuters) - Le constructeur canadien de 
trains et d'avions Bombardier  BBDb.TO  a annoncé vendredi son 
deuxième plan de réductions d'effectifs depuis le début de 
l'année, un projet qui prévoit la suppression d'environ 7.500 
postes en deux ans, principalement dans ses activités de 
matériel de transport ferroviaire. 
    Le groupe de Montréal, en difficulté depuis plusieurs années 
en raison notamment des dépassements de coûts de ses projets 
dans l'aéronautique, a précisé que les deux tiers des 
suppressions de postes toucheraient Bombardier Transport, sa 
branche basée à Berlin, en Allemagne, le reste concernant 
l'aéronautique. 
    Quelque 1.500 salariés basés au Québec et 500 autres dans le 
reste du Canada verront leur poste supprimé d'ici 2018, a 
expliqué le PDG, Alain Bellemare, ajoutant que ce plan social ne 
devrait pas affecter les discussions en cours avec le 
gouvernement fédéral d'Ottawa sur le projet d'investissement 
public de plus d'un milliard de dollars dans son projet d'avion 
CSeries. 
    "Même s'il est toujours difficile de restructurer, les 
actions annoncées aujourd'hui sont nécessaires pour assurer la 
compétitivité à long terme de Bombardier", a-t-il déclaré.  
    A la Bourse de Toronto, l'action Bombardier perdait 0,56% à 
1,77 dollar canadien à 16h20 GMT.  
    En février, le groupe basé à Montréal avait déjà annoncé a 
suppression de 7.000 postes, dont près de la moitié dans ses 
activités de transport ferroviaire, fortement implantées en 
Europe.   
     
     
    Bombardier, qui employait au total 70.900 personnes à la fin 
de l'an dernier, souffre de la concurrence, notamment chinoise, 
sur les marchés publics de transport ferroviaire.  
    "On se pose beaucoup de questions sur la santé de certains 
de leurs marchés finaux", a commenté Chris Murray, analyste 
d'AltaCorp. "Je crois que des changements supplémentaires sont 
possibles: on a déjà évoqué la question de savoir s'ils seraient 
disposés à vendre une certaine division." 
    Pour Kevin Chiang, de CIBC, l'annonce des nouvelles 
réductions d'effectifs prouve que Bellemare, en poste depuis 
février 2015, a "les mains libres" pour restructurer le groupe, 
contrôlé par la famille Bombardier-Beaudouin.  
    Alain Bellemare a expliqué vendredi que, comme celles 
annoncées en février, les suppressions de postes seraient en 
partie compensées par des "embauches stratégiques" dans les 
secteurs en croissance, soit l'avion de ligne CSeries et l'avion 
d'affaires Global 7000, dont le premier vol est prévu le mois 
prochain mais dont le développement accuse deux ans de retard. 
    Début septembre, Bombardier avait divisé par plus de deux sa 
prévision de livraisons d'avions CSeries durant l'année en 
précisant que son chiffre d'affaires annuel se situerait dans le 
bas de la fourchette évoquée jusqu'alors.   
    Le programme CSeries a failli conduire Bombardier au dépôt 
de bilan l'an dernier mais le constructeur a été renfloué 
depuis, notamment grâce à un accord d'un milliard de dollars 
conclu en octobre avec la province du Québec. 
    La province fait depuis pression sur le gouvernement fédéral 
pour qu'il apporte une contribution équivalente au renflouement 
du groupe. 
    La Caisse de dépôt et placement du Québec, deuxième fonds de 
pension canadien, possède par ailleurs 30% du capital de 
Bombardier Transport, achetés en novembre dernier pour 1,5 
milliard de dollars.  
     
 
 (avec Allison Martell et Matt Scuffham à Toronto, Leah Schnurr 
à Ottawa; Benoît Van Overstraeten pour le service français, 
édité par Marc Angrand) 
 

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