Bombardier et Hitachi en tête pour le ferroviaire de Finmeccanica

le
0
BOMBARDIER ET HITACHI FAVORIS POUR LA REPRISE DU FERROVIAIRE DE FINMECCANI
BOMBARDIER ET HITACHI FAVORIS POUR LA REPRISE DU FERROVIAIRE DE FINMECCANI

par Sophie Sassard et Pamela Barbaglia et Danilo Masoni

LONDRES/MILAN (Reuters) - Bombardier et Hitachi tiennent la corde pour racheter les deux filiales ferroviaires de Finmeccanica, AnsaldoBreda (rames) et Ansaldo STS (signalisation), ont déclaré plusieurs sources au fait du dossier.

Trois autres groupes sont en lice pour ces filiales que le groupe d'aéronautique et de défense italien essaie de vendre depuis trois ans pour réduire en partie un endettement net de 4,8 milliards d'euros. Il compte retirer dans les deux milliards d'euros de ces cessions.

Les autres candidats sont Thales, le constructeur de trains espagnol Construcciones y Auxiliar de Ferrocarriles et le chinois China CNR, allié à son compatriote Insigma Technology, ont précisé les sources.

Bombardier, Thales et Hitachi soumettront sans doute une offre avant la date limite du 29 août, ont précisé les sources, ajoutant que les offres soumises par Bombardier et Thales seraient sans doute non contraignantes.

Plusieurs sources expliquent que Bombardier est bien placé pour l'emporter car il coopère déjà avec AnsaldoBreda dans la conception, la production et la vente du nouveau Frecciarossa 1000, un train pouvant transporter des passagers à la vitesse de 360 km/h.

Hitachi, concepteur des premiers trains à grande vitesse japonais, a annoncé en mars le transfert en Grande-Bretagne de son activité ferroviaire mondiale, dans le but de se développer en Europe et ailleurs.

Un porte-parole de Finmeccanica a dit que la procédure d'adjudication restait ouverte et que les offres se devaient de refléter la valeur des actifs et de garantir les perspectives d'investissement et de développement.

Bombardier, Hitachi et CAF se sont refusés à tout commentaire. Thales, China CNR et Insigma n'étaient pas joignables dans l'immédiat.

AUGMENTATION DE CAPITAL

Des deux actifs à vendre, Ansaldo STS paraît de loin le plus attrayant dans la mesure où AnsaldoBreda perd de l'argent depuis des années. De fait, les candidats veulent en savoir plus sur les actifs d'AnsaldoBreda qui seront inclus dans la vente et sur les garanties que Finmeccanica est prêt à fournir pour rendre cette filiale plus intéressante.

Deux d'entre eux au moins veulent que Finmeccanica recapitalise AnsaldoBreda préalablement à sa vente, ont précisé deux sources, et leurs offres resteront sous conditions jusqu'à ce que le groupe de défense italien ait précisé ses intentions.

AnsaldoBreda, qui compte parvenir au point mort au niveau opérationnel en 2015, a une valeur d'entreprise négative de 150 millions d'euros, selon un analyste. Elle a dégagé une perte avant intérêts et impôt de 227 millions d'euros en 2013. En 2011, sa perte avant impôt avait dépassé 700 millions.

Une augmentation de capital ramènerait la valeur à zéro et renforcerait le bilan d'une filiale qui aura besoin de davantage d'investissements à l'avenir, ont ajouté les deux sources.

Après quoi, les candidats en lice pourraient entrer en concurrence pour Ansaldo STS, une filiale qui pourrait être cédée avec une prime de l'ordre de 25% sur sa capitalisation actuelle, ont encore dit les sources.

Si Finmeccanica accepte une augmentation de capital, il pourra conserver une participation dans le constructeur de trains et mener à son terme la restructuration en cours. Ce programme commence à porter ses fruits, disent des analystes.

AnsaldoBreda, qui a vu son carnet de commandes augmenter nettement ces derniers mois, emploie 3.000 personnes, en particulier dans des villes plombées par le chômage telles que Naples et Reggio de Calabre.

Mais selon un banquier de Hong Kong, une recapitalisation ne ferait que réduire le prix d'achat, sans résoudre les problèmes de fond de la filiale, parmi lesquels figurent ses engagements dans les pensions de retraite.

RELANCE DE LA CONCENTRATION

La vente d'Ansaldo relancerait le processus de concentration d'un secteur qui a subi cette année le contrecoup de la tentative de fusion avortée entre les filiales ferroviaires de Siemens et d'Alstom.

La dernière grande opération fut l'acquisition de la filiale signalisation d'Invensys par Siemens pour 2,2 milliards d'euros, homologuée par les autorités de la concurrence en 2013.

Face à la concurrence féroce des sociétés asiatiques, les groupes européens ne voient d'autre solution pour augmenter leurs parts de marché que d'intégrer des conglomérats plus importants.

China CNR est le premier constructeur de trains mondial par le chiffre d'affaires, devant China South Locomotive and Rolling Stock et Bombardier Transport.

Tout comme Bombardier, China CNR a déjà des liens avec AnsaldoBreda. Les deux sociétés ont signé un accord de 10 ans en 2012 prévoyant la fourniture de 600 tramways Sirio du groupe italien. Cela étant, China CNR devrait surmonter l'obstacle de l'autorisation de Pékin s'il était choisi par Finmeccanica, remarque le banquier de Hong Kong.

Selon des sources proches de Finmeccanica, Thales est surtout intéressé par Ansaldo STS et nettement moins par AnsaldoBreda, en raison de chevauchements limités entre les deux sociétés.

L'espagnol CAF a une capitalisation d'un milliard d'euros et aura du mal à financer une offre sans associé, estiment plusieurs banquiers madrilènes.

Au premier semestre, la division ferroviaire de Finmeccanica a dégagé un bénéfice avant intérêts, impôt et amortissements (Ebita) de 26 millions d'euros, battant le consensus grâce aux pertes réduits d'AnsaldoBreda. Le chiffre d'affaires a augmenté de 6,7% à un milliard.

(Wilfrid Exbrayat pour le service français, édité par Marc Angrand)

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant