Bolloré: une valorisation devenue plus raisonnable.

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(CercleFinance.com) - En baisse de 17% depuis le début de l'année à 3,6 euros, l'action du holding Bolloré sous-performe significativement l'indice CAC 40, dont le retrait se limite à 11%. Rappelons aussi que le 27 mai 2015, le titre avait culminé à 5,40 euros : relativement ce sommet récent, la décrue du titre atteint 34%, contre 22% pour le CAC 40 dans les mêmes circonstances. Reste que la valorisation de la société de portefeuille familiale est ainsi devenue plus raisonnable.

De par ses nombreux métiers (logistique et transport d'abord, logistique pétrolière, sans oublier les médias avec ses participations dans Havas et dans Vivendi, les batteries, ...), l'assise du conglomérat familial dont Vincent Bolloré est le PDG et le premier actionnaire est plutôt large. Comme sa capitalisation, son chiffre d'affaires annuel est de l'ordre de 11 milliards d'euros.

Reste qu'à court terme, le marché a du mal à saisir la stratégie de Vincent Bolloré chez Vivendi, dont il est le président du conseil de surveillance. Canal Plus ne semble pas en grande forme et l'investissement dans Telecom Italia suscite des doutes, sans parler de ceux dans Ubisoft et Gameloft. Vivendi, dont la capitalisation frôle les 25 milliards d'euros et dont le groupe Bolloré est le premier actionnaire avec 14,4% du capital, en porte la trace et sous-performe le CAC 40 (- 6 points de pourcentage sur six mois).

Bolloré est également présent dans les batteries électriques pour véhicules via sa filiale cotée Blue Solutions, dont il détient environ 90% du capital. Cette activité de diversification a concentré plus de deux milliards d'investissements, mais malgré la conclusion de partenariats industriels avec Renault et Peugeot, ce qui est plutôt favorable, elle n'a pas encore atteint le seuil de rentabilité. D'ailleurs, l'action Blue Solutions a perdu près de 40% de sa valeur en un an et capitalise à ce jour moins de 500 millions d'euros.

Mais de l'avis général des analystes, le holding reste avant tout un groupe 'africain' : selon Oddo Securities, ce continent concentre le quart des ventes de Bolloré, qui y est présent depuis des décennies, mais surtout les deux tiers de son résultat d'exploitation.

Les perspectives de l'Afrique seraient-elles en berne ? Certes, dans la dernière livraison de ses perspectives mondiales, le FMI a abaissé ses prévisions de croissance pour la partie sub-saharienne du continent à + 4% pour 2016 (contre + 4,3%) puis 4,7% en 2017 (contre + 4,9%). Mais après l'Asie émergente, cette performance est la meilleure attendue au niveau mondial par l'institution monétaire internationale.

Notons que l'un des métiers de Bolloré, la Logistique pétrolière (22% du CA environ), souffre de l'effondrement du cours du brut : en données organiques, son CA a chuté de 16% sur les trois premiers trimestres de 2015, et même de 19% au seul 3e trimestre. Même si la direction se veut rassurante : “le recul du chiffre d'affaires constaté dans la logistique pétrolière, où le groupe joue un rôle d'intermédiaire, ne devrait pas avoir d'incidence significative sur le résultat opérationnel”, indiquait Bolloré.

De plus, la hausse des ventes de l'activité principale, Transport et logistique (56% du CA), a ralenti : si elle atteint 4% en données organiques sur neuf mois, elle est revenue à 2% au T3. Les tendances pourraient donc d'être moins favorables sur le continent en fin d'année.

Enfin, le groupe s'est engagé dans le projet de “boucle ferroviaire” Blueline qui, dans l'Ouest africain, pourrait relier cinq pays entre eux (Côte d'Ivoire, Burkina Faso, Bénin, Togo et Niger), et peut-être six avec Lagos, capitale économique du Nigeria, première puissance économique d'Afrique. Le projet est important : 2.500 km de voies, dont la moitié environ doivent être construites. Mais Bolloré est déjà présent sur ce segment et les investissements revenant au groupe pourraient être limités.

Tous ces éléments ont pu inciter à un sentiment moins positif sur le titre. Ils ont aussi eu l'effet d'atténuer la valorisation de l'action : alors que son PER 2016 dépassait les 30 fois l'été dernier, il est maintenu à un multiple plus raisonnable de l'ordre de 16 fois.

Aux dernières nouvelles, le courtier Oddo, passé à l'achat sur la valeur en décembre, visait un objectif de cours de 6,1 euros.

Rappelons aussi que le célèbre vendeur à découvert américain, Muddy Waters, s'est penché voilà presque un an (le 17 février 2015) sur le cas Bolloré : contrairement à ses habitudes, et une fois n'est pas coutume, Muddy Waters a préconisé l'achat de l'action en visant une cible de 8,5 euros.

L'un de ses arguments : la structure de la cascade de holdings Bolloré minorerait le poids réel de l'autocontrôle. “Nous estimons que le véritable nombre d'actions n'est que de 42,8% de celui officiellement publié par Bolloré', indiquait Muddy Waters. Son de cloche similaire chez Oddo, qui écrivait en décembre : 'nous calculons que le groupe détient en fait 51,8% de son capital en autocontrôle', indique la note.

Prochain rendez-vous inscrit sur l'agenda de Bolloré : les comptes 2015, le 24 mars prochain.

EG


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