Bolloré rassure sur Canal+, évoque une alliance avec Havas

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    PARIS, 17 mai (Reuters) - Canal+ sera sauvé, assure le 
président du conseil de surveillance de Vivendi  VIV.PA  Vincent 
Bolloré dans un entretien aux Echos, quelques semaines après 
avoir laissé planer la menace d'une fermeture des chaînes 
payantes déficitaires du groupe en France. 
    Dans une interview aux Echos publiée mardi, le milliardaire 
breton évoque aussi en termes vagues une possible alliance entre 
Vivendi et Havas  HAVA.PA , deux groupes dont il est le premier 
actionnaire, ce qui pourrait relancer les spéculations sur un 
mariage entre le géant des médias et le groupe publicitaire 
dirigé par son fils Yannick Bolloré. 
    "Je pense non seulement que Canal+ est sauvable mais qu'il 
sera sauvé, sous réserve des accords prévus et des économies à 
faire", explique Vincent Bolloré. 
    "On est passé par une première phase de prise de conscience, 
puis on a mis en place l'équipe qu'il faut et la direction est 
maintenant claire. Quant à la démarche, elle s'inscrit dans le 
long terme", ajoute-t-il, moins d'un an après avoir remanié en 
quasi-totalité l'état-major de la chaîne cryptée. 
    Les chaînes payantes de Canal+ ont encore aggravé leurs 
pertes au premier trimestre à 59 millions d'euros, contre 50 
millions au premier trimestre 2015, sous le coup de la perte de 
183.000 abonnements dans l'Hexagone.   
    Lors de l'assemblée générale de la maison mère Vivendi fin 
avril, Vincent Bolloré avait prévenu qu'il pourrait "arrêter le 
robinet" des chaînes faute de réussir à endiguer des pertes qui 
devraient dépasser 400 millions d'euros cette année. 
  
    Pour redresser la barre, le groupe qui a engagé une cure 
d'austérité mise gros sur un projet d'accord de distribution 
exclusive avec les chaînes qataries de beIN Sports pour lequel 
il attend encore le feu vert de l'Autorité française de la 
concurrence.   
     
    UNIVERSAL VALORISÉE A 30 MDS D'EUROS 
    Canal+ compte également revoir en profondeur son offre 
commerciale aujourd'hui concentrée sur une proposition unique 
autour de 40 euros, tout en réduisant drastiquement la part des 
programmes accessibles gratuitement, jusque-là considérés comme 
un produit d'appel pour les contenus payants.  
    "Il n'y a pas une seule chaîne payante au monde qui ait des 
tranches en clair. Et pour nous, ce n'est pas une obligation 
réglementaire. Nous pouvons donc les réduire", explique le 
premier actionnaire de Vivendi qui évoque une décision d'ici 
l'été. 
    Il exclut en revanche une vente de la chaîne d'information 
iTélé, déficitaire, balayant des spéculations de presse. 
    "Il ne faut pas vendre iTélé mais, au contraire, la garder 
et la redéployer en utilisant les forces de Vivendi et de Canal 
: on peut y couvrir plus de sport, plus de cinéma, plus de 
culture, plus d'économie, plus d'international". 
    Sur le périmètre plus large de Vivendi, Vincent Bolloré ne 
ferme pas à la porte à une alliance avec Havas, en dépit des 
doutes des analystes financiers sur l'intérêt économique d'un 
tel mariage, susceptible en outre de créer de potentiels 
conflits d'intérêt, Havas comptant des activités d'achat 
d'espaces publicitaires à la télévision. 
    "Il est évident qu'un jour il y aura quelque chose entre 
Vivendi et Havas", explique-t-il, en précisant, selon des propos 
rapportés par Les Echos,  qu'il n'y a pas de projet à date, mais 
seulement une réflexion. 
    Vincent Bolloré estime en outre à 30 milliards d'euros la 
valorisation de l'autre grande filiale de Vivendi, la maison de 
disques Universal Music Group, actuellement valorisée nettement 
plus bas par des analystes qui parient, pour certains, sur une 
vente. 
 
 (Gwénaëlle Barzic, édité par Pascale Denis) 
 

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