Bolloré: le titre toujours boudé par les boursiers.

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(CercleFinance.com) - Mauvaise fortune - en ce moment du moins - pour le groupe Bolloré à la Bourse de Paris : après sa première publication de l'année 2016, le chiffre d'affaires du groupe pour 2015, l'action se tasse ce midi vers 3,5 euros, restant à l'écart de la hausse générale de l'indice CAC 40 (+ 1,4%).

Bref, la sous-performance de l'action Bolloré par rapport à l'indice phare de la Bourse parisienne se confirme : cela vaut sur la semaine (- 2,3% contre + 2%), depuis le début de l'année (- 18,8% contre - 7%) et sur six mois (- 23% contre - 4%).

Qu'a annoncé le holding dont Vincent Bolloré est le patron et aussi le principal actionnaire ? Il a fait état d'un CA 2015 de 10,8 milliards d'euros. En hausse de 2% en données publiées, il recule d'autant en données comparables sur l'ensemble de l'année, alors qu'au premier semestre l'équilibre était presque atteint en données organiques (- 0,3%).

L'orientation des ventes s'est donc dégradée durant la seconde moitié de l'exercice. En effet, la division Logistique pétrolière (20,7% des ventes contre 25,5% en 2014), qui comprend par exemple les marques Bolloré Energie (camions distribuant du fioul), des stations-services, et des infrastructures de logistique pétrolière (dont des dépôts), est toujours à la peine, dans le sillage des cours du brut : en données publiées comme organiques, ses ventes (2,2 milliards d'euros) ont dégringolé en 2015 de 20%, alors qu'elles avaient déjà chuté de 16% en 2014.

En cause : 'essentiellement la baisse des prix des produits pétroliers', explique la direction, qui répète qu'en raison du rôle d'intermédiaire que joue le groupe en la matière, cette chute “ne devrait pas avoir d'incidence significative sur le résultat opérationnel.”

Or ces deux dernières années, environ 90% du résultat opérationnel du groupe Bolloré provenait de sa division Transport & logistique (T&L), soit 56% du CA environ, dont une moitié environ est réalisée en Afrique. Après + 4,7% au premier semestre, la croissance organique de T&L avait brutalement décéléré à 2% au T3, ce qui a pu inquiéter le marché. Mais au T4, la dynamique était de nouveau plus favorable (+ 4%). Et ce malgré “malgré le ralentissement déjà annoncé des activités minières et pétrolières dans certains pays d'Afrique”, indique le groupe. Etant donné son poids dans les profits du groupe, la meilleure santé de T&L est plutôt une bonne nouvelle pour les comptes annuels.

Reste un point plus délicat : le financement de la “Blueline”, la boucle ferroviaire que le groupe veut compléter et qui schématiquement entourerait le Ghana, éventuellement en poussant jusqu'à Lagos, la capitale économique du Nigeria. Ce faisant, Bolloré desservirait plus facilement les terminaux portuaires dont il assure déjà l'exploitation.

A en croire les informations qui circulent, l'investissement nécessaire à la “Blueline” se monterait à environ trois milliards d'euros. Un temps, la direction semble avoir envisagé l'idée d'introduire cette filiale en Bourse, ce qui aurait permis d'en partager les frais. Mais on sait depuis janvier que Bolloré entend financer le tout sur fonds propres.

Or Bolloré a déjà financé par endettement sa montée au capital de Vivendi, l'an dernier. A fin juin 2015, sa dette nette de 4,3 milliards d'euros correspondant à 36% des fonds propres, ratio qui a doublé en six mois. Au doigt mouillé, si Bolloré finançait les 3 milliards de la Blueline en empruntant, sa dette s'envolerait donc de 70% par rapport à son niveau de juin 2015.

Rappelons cependant que d'après nombre de bureaux d'études, dont Oddo & Cie, l'Afrique est une pépite pour Bolloré puisqu'elle concentre environ les deux tiers de son résultat d'exploitation. Dans l'absolu, renforcer cette branche paraît plutôt judicieux. Encore faut-il savoir comment exactement, à quel prix, et dans quelles conditions.

Dernier facteur potentiellement pesant : la stratégie de Vivendi, pour l'instant peu claire aux yeux des investisseurs, peut aussi peser sur Bolloré, qui est son premier actionnaire avec 14% du capital.

Prochain rendez-vous sur l'agenda de Bolloré : les résultats correspondants aux ventes 2015, le 24 mars prochain.

EG


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  • 12636627 il y a 11 mois

    2 observations :La montée en capital de VIVENDI ne me semble pas avoir été financée par de la dette. En effet 34 millions de titres sont financés par un montage spécial qui ne confère pas au groupe le risque ordinairement attaché à de la dette, puisqu'il est possible d'éliminer la dette en abandonnant le 30 mai 2017 les 34 millions de titres quelle que soit la valeur de ces titres à cette date. Une autre partie des actions VIVENDI ont été payée par le passage de 82% à 60% de HAVAS.