Bolivie-Non au référendum sur le mandat présidentiel-sondages

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 (Actualisé avec précisions) 
    LA PAZ, 22 février (Reuters) - Le président bolivien Evo 
Morales semblait se diriger vers une défaite au référendum par 
lequel il demandait aux Boliviens de pouvoir briguer un 
quatrième mandat, selon les sondages de sortie des urnes et les 
premiers résultats publiés dimanche. 
    Evo Morales, qui est âgé de 56 ans, a été réélu largement en 
2014 avec 61% des voix. Il demandait à amender la Constitution 
afin de pouvoir se représenter à la présidentielle de 2019, ce 
qui lui aurait permis, s'il était élu, de rester au pouvoir 
jusqu'en 2025 (2020-2025). 
    Selon un sondage Ipsos réalisé après la fermeture des 
bureaux de vote, le "non" l'emporterait à 52,3% et le "oui" à 
47,7%. Une enquête Mori donne le "non" à 51% et le "oui" à 49%. 
    Sur 3% des bulletins de vote dépouillés, le camp du refus 
est à 66%. Le taux de participation a été très élevé, à près de 
88%, selon la commission électorale.     
    Si le "non" est confirmé par les résultats officiels, ce 
sera un revers pour le mouvement socialiste en Amérique latine 
qui a récemment subi une série de défaites électorales dans 
plusieurs pays. 
    Entré en fonction en 2006 après avoir remporté l'élection de 
décembre 2005, Evo Morales, premier chef de l'Etat bolivien à 
revendiquer son origine amérindienne, a réussi à faire reculer 
la pauvreté dans le pays, un des plus pauvres d'Amérique latine. 
    Mais, le président est désormais de plus en plus critiqué. 
Ses contradicteurs accusent son gouvernement de corruption, de 
gaspillage et d'autoritarisme. De récentes allégations 
concernant une ex-petite amie dont la société aurait remporté de 
juteux contrats publics ont lourdement pesé sur sa popularité. 
    Même s'il perd son référendum, Evo Morales a encore du temps 
devant lui avant la prochaine élection pour adouber un candidat 
à sa succession et peser sur le futur de la Bolivie, commente 
Michael Shifter, qui dirige le cercle de réflexion 
Inter-American Dialogue basé à Washington. 
    "C'est l'un des dirigeants les plus charismatiques et les 
plus puissants de l'histoire bolivienne. Il est improbable qu'il 
quitte la politique", ajoute le chercheur. "Mais, peut-être pour 
la première fois en une décennie, est-il possible d'imaginer une 
Bolivie sans Evo qui ne nous ramène pas vers la vieille époque 
de l'exclusion ethnique et économique." 
 
 (Daniel Ramos et Monica Machicao; Danielle Rouquié pour le 
service français) 
 
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