Bolivie-Le pape salue les réformes, rend hommage à un prêtre tué

le , mis à jour à 03:51
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par Philip Pullella et Daniel Ramos LA PAZ, 9 juillet (Reuters) - Le pape François est arrivé mercredi à La Paz, la capitale bolivienne, en rendant hommage au gouvernement du président socialiste Evo Morales dans un contexte de dégel des relations entre la Bolivie et le Vatican. Evo Morales, premier président du pays à affirmer son ascendance indienne, a nationalisé des pans entiers de l'industrie pour financer des programmes sociaux qui ont réduit la pauvreté et améliorer la croissance économique. François, qui a perdu une partie d'un poumon à la suite d'une infection alors qu'il était jeune homme, ne passera que quatre heures à La Paz, avant de poursuivre vers Santa Cruz pour le reste de son séjour de deux journées. Le souverain pontife n'a pas semblé avoir de difficulté à sa descente d'avion - l'aéroport international de La Paz est situé à 4.000 mètres d'altitude - et lors du trajet qui l'emmenait vers le centre-ville où une rencontre privée était prévue avec le président Morales. A bord de l'avion, le pape avait bu un thé à base de feuilles de coca, de camomille et d'anis vert pour parer à un malaise, a indiqué une membre du personnel de bord. Dans son discours au pape, le chef de l'Etat bolivien, dont les relations avec l'Eglise se sont améliorées depuis l'arrivée de François au pouvoir en 2013, a salué le pape comme un héros rentré à la maison. "A maintes reprises dans l'Histoire, l'Eglise a été utilisée pour dominer, soumettre, opprimer. Aujourd'hui, le peuple bolivien vous reçoit avec joie et espoir", a déclaré Evo Morales. "Nous vous accueillons comme le représentant en chef de l'Eglise catholique venu apporter son soutien à la libération de nos populations boliviennes." Le pape a appelé Evo Morales à lier progrès économique et justice sociale. "Avec une croissance purement matérielle, le risque est toujours là de créer de nouvelles divisions, la richesse de certains étant construite sur la pauvreté des autres", a dit Jorge Mario Bergoglio. En se rendant au centre de La Paz, François s'est arrêté à l'endroit où le corps du père jésuite Luis Espinal Camps a été découvert en 1980. Le prêtre, qui était un fervent soutien des droits des mineurs, a été torturé et tué par des paramilitaires. François a invité la foule présente à une minute de silence. (Avec Sarah Marsh à Santa Cruz et Diego Ore à La Paz; Danielle Rouquié pour le service français)

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