Bois de Boulogne : pelouses en plus, voitures en moins

le
0
INFOGRAPHIE - L'aménagement des espaces verts de l'hippodrome d'Auteuil doit se terminer d'ici à la fin de l'année, tandis que le sélect Tir aux pigeons va être amputé de 3,6 hectares.

Au sud-est, si les courses de chevaux perdureront, l'hippodrome d'Auteuil (33 ha) va se déplumer de 12 hectares, répartis sur trois zones distinctes. Sur la pelouse dite A, «un terrain de foot, une aire de lancer de poids, une zone de saut en hauteur et une piste d'athlétisme sont déjà achevés et devraient bientôt être ouverts aux scolaires», indique la Ville.
Du côté de la pelouse C, les sols d'assise des futurs terrains de hockey sur gazon et de basket-ball sont réalisés. Une foule d'équipements sportifs devenus indispensables dans le XVIe arrondissement, pour pallier la perte de ceux sacrifiés dans le cadre des chantiers controversés du stade Jean-Bouin et de la rénovation de Roland-Garros. Au centre de l'hippodrome, sur la pelouse B, un parc de six hectares s'apprête à prendre vie. Le fond de forme de l'élément principal, une vaste pièce d'eau, est bien avancé. Ce bassin sera escorté d'une allée parsemée d'iris et d'une autre permettant de rejoindre le lac supérieur du bois. La totalité des aménagements doit être rendue accessible au public d'ici à la fin de l'année.

«Tout se fait dans la précipitation»

Au nord, le sélect Tir aux pigeons s'est quant à lui résigné à l'amputation de 3,6 hectares (sur 8 ha) reconvertis en promenade - ouverte à tous - autour de deux lacs, petites passerelles bucoliques et vaste pelouse où musarder, en prime. La facture pour la Ville avoisine les trois millions d'euros, surtout consacrés à la dépollution des sols (l'appel d'offres doit être lancé ces jours-ci) infestés des billes de plomb tirées pendant plus d'un siècle par les membres du club. «Nous sommes tristes, mais nous comprenons la volonté de la Ville», réagit François Bayard, le président du Tir. Le couperet aurait pourtant pu tomber ailleurs, sur la Croix-Catelan ou le polo de Bagatelle. «Il y a une part de choix politique et une part conjoncturelle, puisque nous arrivions en fin de bail et que la mairie a saisi l'opportunité pour récupérer des espaces verts chez nous, analyse François Bayard. L'ennui, c'est que tout se fait dans la précipitation pour tenir les délais de la mandature.»

De son côté, la très attentive coordination pour la sauvegarde du bois de Boulogne se déclare «dans l'ensemble, satisfaite» de la politique de reconquête entreprise. «La seule chose incohérente, c'est que, d'un côté, on reprend des hectares, mais que, de l'autre, on en donne à LVMH pour construire sa Fondation Louis Vuitton pour l'art contemporain, un bâtiment de 45 mètres de haut», s'émeut Marc Servel de Cosmi, son président. Qui redoute également la pollution que pourraient provoquer les probables embouteillages consécutifs au projet de restructuration du carrefour de Longchamp. Celui-ci prévoit en effet de réduire drastiquement la place de la voiture sur cette grande voie d'entrée dans Paris depuis la banlieue Ouest.
Quelques milliers de mètres carrés doivent être végétalisés et réservés aux piétons et cyclistes. Une étape par laquelle est déjà passé l'an dernier le carrefour des lacs, près de la Croix-Catelan. «C'est beaucoup plus agréable, mais cela mécontente fortement les adhérents des clubs sportifs du secteur, qui doivent faire de grands détours et perdent un temps fou», glisse Claude Goasguen, le maire du XVIe. Lequel, pour régler ce désagrément, milite pour la mise en place de navettes électriques.

LIRE AUSSI:

» Roland-Garros: les serres d'Auteuil vont être épargnées

SERVICE:

» Retrouvez toutes les annonces immobilières à Paris avec Explorimmo

SUIVEZ LE FIGARO IMMOBILIER SUR:

» Twitter: @LeFigaro_Immo

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant