Bogota riposte à la mort de dix soldats tués par les Farc

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(Réaction des Farc §6-8) BOGOTA, 15 avril (Reuters) - Le président colombien Juan Manuel Santos a levé mercredi le moratoire sur les bombardements des positions des rebelles des Farc en riposte à une attaque qui a tué dix soldats colombiens dans le sud-ouest du pays. Santos, qui s'exprimait à Cali, a ajouté que les Forces armées révolutionnaires de Colombie avaient rompu le cessez-le-feu qu'elles ont prolongé il y a quatre mois pour faciliter les pourparlers de paix avec le gouvernement. "C'est une action condamnable qui ne restera pas impuni, qui requiert des mesures fortes et aura des conséquences", a-t-il dit. Les dix soldats ont été tués mercredi dans la province de Cauca, une région rurale du sud-ouest du pays. Le général Mario Valencia a accusé un groupe des Farc "appartenant à la colonne mobile Miller Perdomo" d'avoir perpétré cette attaque qui a également fait neuf blessés parmi les militaires. Les Farc ont réagi en affirmant qu'elles avaient agi en état de légitime défense face à une offensive des troupes gouvernemetales. "Nous appelons expressément le gouvernement à conserver son sang froid et à ne pas prendre de mesures de nature à mettre en péril les progrès accomplis lors des négociations de paix", indique un communiqué du groupe diffusé à La Havane. Le leader rebelle Pablo Catatumbo a déclaré dans la capitale cubaine que son organisation regrettait les récents événements et que ceux-ci n'étaient pas "prémédités". Le gouvernement négocie depuis fin 2012 avec les Farc et Juan Manuel Santos avait prolongé la semaine dernière une suspension des bombardements contre les camps de la guérilla en échange du respect par les Farc de leur cessez-le-feu. L'attaque de mercredi ne devrait cependant pas interrompre les négociations même s'il s'agit de la violation de la trêve la plus grave à ce jour. Un des négociateurs des Farc, Antonio Munoz, n'a pas confirmé l'implication de la guérilla marxiste dans cet accrochage dont il a imputé la responsabilité aux forces gouvernementales. "Cela semble être la conséquence de l'incohérence de la politique du gouvernement qui mène des opérations militaires contre un groupe rebelle pendant le cessez-le-feu", a-t-il déclaré à La Havane, la capitale cubaine, où ont lieu les pourparlers de paix. Les Farc réclament depuis l'ouverture des négociations la proclamation d'un cessez-le-feu bilatéral, ce que le président Santos a jusqu'à présent refusé. (Julia Symmes Cobb, Nelson Bocanegra; Jean-Stéphane Brosse, Tangi Salaün et Henri-Pierre André pour le service français)

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