Bogotá présente un nouvel accord de paix avec les Farc

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    BOGOTA, 14 novembre (Reuters) - Le gouvernement colombien a 
présenté lundi le nouvel accord de paix annoncé ce week-end avec 
les guérilleros marxistes des Forces armées révolutionnaires de 
Colombie (Farc) après le rejet par référendum d'une version 
jugée par ses opposants trop favorable aux rebelles. 
    Ce document remanié de 310 pages semble n'apporter que 
quelques légères modifications par rapport au texte rejeté par 
référendum le 2 octobre.  
    Il clarifie notamment certains points techniques, comme la 
définition de règles de propriété, et apporte quelques détails 
sur le confinement dans des zones rurales des rebelles coupables 
de crimes au cours d'un conflit qui a fait au moins 220.000 
morts, 40.000 disparus et des millions de déplacés. 
    Le texte présenté lundi intègre des propositions avancées 
par les opposants à l'accord initial, dont l'ancien président 
Alvaro Uribe et des dirigeants religieux qui avaient milité pour 
le "non". Il doit tirer un trait sur une guerre civile qui dure 
depuis plus d'un demi-siècle. 
    L'emprisonnement ou l'interdiction pour les rebelles 
d'exercer des fonctions publiques n'ont en revanche pas été 
repris, ce qui devrait provoquer la colère d'Uribe. 
    L'actuel chef d'Etat, Juan Manuel Santos, récompensé le mois 
dernier par un prix Nobel de la paix pour ses efforts visant à 
mettre un terme au conflit, espère unir la nation derrière ce 
nouvel accord. Le référendum d'octobre a laissé apparaître des 
fractures profondes dans la société civile colombienne au sein 
de laquelle beaucoup redoutent que les membres des Farc ne 
soient jamais poursuivis pour les exactions qu'ils ont commises. 
    "Nous sommes persuadés que la lecture de l'ensemble du 
document permettra de percevoir l'intégralité et la sincérité de 
la teneur de l'accord et de percevoir que les modifications, 
précisions et ajustements que contient le nouvel accord ne font 
que le raffermir et répondent aux questions et suggestions 
soulevées par les différents secteurs de la société", ont dit le 
gouvernement et les Farc dans un communiqué publié aux premières 
heures de la journée. 
    Le texte ne prévoit pas que les rebelles soient incarcérés, 
mais il propose que ceux qui reconnaissent avoir commis des 
crimes de guerre soient confinés dans des zones rurales bien 
délimitées pour une durée allant de cinq à huit ans. 
    Juan Manuel Santos a déclaré dimanche que l'interdiction qui 
serait faite aux rebelles d'exercer des fonctions publiques n'a 
pas été abordée dans les nouvelles négociations. 
    Alvaro Uribe ne s'est pour l'heure pas exprimé et les 
contours de la ratification de ce nouvel accord sont encore 
flous. La présidence n'est pas tenue d'organiser un nouveau 
référendum et elle pourrait préférer passer par le Congrès, au 
risque de provoquer une fronde politique et sociale. 
     
    VOIR AUSSI 
    Bogota et les Farc annoncent un nouvel accord de paix 
  
 
 (Helen Murphy, Nicolas Delame pour le service français) 
 
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