BofA-Un bon résultat tempéré par l'hypothèque pétrolière

le , mis à jour à 17:35
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    * BPA T4 29 cents c. consensus 26 cents 
    * Charges hors intérêts -2,3% 
    * PNB total +4,3% 
    * $21,3 mds de crédits à l'énergie, 2% de l'encours 
    * L'action baisse 
 
 (Actualisé avec précisions, cours de Bourse, citation 
d'analyste) 
    par Sweta Singh 
    19 janvier (Reuters) - Bank of America (BofA)  BAC.N , à 
l'instar de ses consoeurs et concurrentes, s'inquiète elle aussi 
de la chute irrésistible des prix pétroliers même si elle a fait 
état mardi d'un bénéfice meilleur que prévu au quatrième 
trimestre 2015, à la faveur d'une réduction des coûts et de la 
croissance de ses revenus dans la plupart de ses segments 
d'activité. 
    Le contexte macroéconomique marqué par la chute des cours 
pétroliers et le ralentissement économique de la Chine n'arrange 
pas les affaires des banques, créancières des entreprises 
concernées par les deux phénomènes et qui ont, qui plus est, du 
mal à alimenter leurs marges dans un contexte de taux ultra-bas. 
    Alimentant le marasme ambiant, l'année 2016 a mal commencé 
avec un baril de brut tombé à moins de 30 dollars et à ses 
niveaux les plus bas depuis 2003 et des Bourses qui font grise 
mine. 
    BofA, la deuxième banque américaine par l'actif, a précisé 
que ses provisions pour pertes sur créances avaient augmenté de 
264 millions de dollars au quatrième trimestre, en raison 
surtout de pertes et de hausse des provisions sur le secteur 
énergétique. 
    Le directeur financier Paul Donofrio a chiffré l'exposition 
de la banque au secteur de l'énergie à 21,3 milliards de dollars 
 et dit que cela représentait 2% de son encours total de prêts 
utilisés.  
    JPMorgan Chase  JPM.N  et Wells Fargo  WFC.N  ont dit la 
semaine dernière qu'elles avaient augmenté les provisions pour 
créances douteuses liées au secteur de l'énergie. 
 ID:nL8N14Y2WN   ID:nL8N14Z38B  
    Le bénéfice net part du groupe de la banque a cependant 
augmenté de 9,8% à 3,01 milliards de dollars (2,77 milliards 
d'euros), soit 28 cents par action, contre 2,74 milliards (25 
cents par action) un an auparavant. BofA a pu ainsi dégager son 
bénéfice annuel le plus copieux en près de 10 ans. 
    Le bénéfice par action ajusté est de 29 cents, dépassant le  
consensus Thomson Reuters I/B/E/S qui le donnait à 26 cents. 
    Les dépenses hors charges d'intérêts ont baissé de 2,3% à 
13,87 milliards de dollars en raison surtout d'une baisse de 28% 
des coûts, hors frais de justice, de la structure hébergeant 
entre autres une bonne partie des créances douteuses héritées de 
Countrywide Financial, établissement de crédit repris en 2008. 
     
    L'EFFET DE SAPE DU PÉTROLE 
    "Ce que nous retirons des résultats de Bank of America, 
c'est que la banque continue d'aller de l'avant suivant ses 
priorités qui sont d'augmenter les volumes de crédits et 
d'affaires pour générer des revenus en hausse et réduire les 
dépenses opérationnelles", observe Eric Wasserstrom, analyste de 
Guggenheim Securities. "Néanmoins, la dégradation du crédit dans 
le secteur de l'énergie risque de saper ses efforts à court 
terme". 
    La banque de Charlotte (Caroline du Nord) a comme tant 
d'autres subi une hausse de ses charges pour frais juridiques 
depuis la crise financière, ce qui a eu pour effet de saper les 
initiatives déployées par le directeur général Brian Moynihan 
pour sabrer les coûts. 
    Pour tenter de compenser une hausse des revenus médiocres, 
le groupe s'est employé à faire des économies massives dans le 
crédit aux entreprises, la banque d'investissement et la gestion 
de fortune.  
    "Nos résultats trimestriels attestent de nos efforts en vue 
d'améliorer l'opérationnel tout en poursuivant l'investissement, 
nous avons augmenté le produit net bancaire et serré les 
budgets", a dit Moynihan dans un communiqué.  
    Le produit net bancaire (PNB) a augmenté de 4,3% à 19,53 
milliards de dollars et les revenus tirés de la banque de 
détail, principal segment de BofA, ont progressé de 0,4%. 
    L'action BofA, qui a perdu 5,9% en 2015, cédait 0,35% à Wall 
Street en matinée, alors qu'elle était en hausse en 
avant-Bourse. Elle a perdu 14% sur la période s'étendant du 1er 
janvier à vendredi dernier. L'indice KBW des bancaires  .BKX  a 
cédé 12,9% dans le même temps.  
 
 (Wilfrid Exbrayat pour le service français, édité par Véronique 
Tison) 
 

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