BofA bénéficiaire au 2e trimestre, veut réduire ses coûts

le
0
BANK OF AMERICA PUBLIE UN BÉNÉFICE NET DE 2,5 MILLIARDS DE DOLLARS
BANK OF AMERICA PUBLIE UN BÉNÉFICE NET DE 2,5 MILLIARDS DE DOLLARS

par Rick Rothacker

(Reuters) - Bank of America (BofA) a annoncé mercredi son intention de réduire ses coûts de trois milliards de dollars par an dans la banque de détail, la banque d'investissement et la gestion de fortune, devenant ainsi la dernière en date des banques américaines à s'attaquer à ses dépenses.

Le numéro deux du secteur aux Etats-Unis a dégagé un bénéfice net au deuxième trimestre, alors qu'elle était déficitaire un an auparavant. Ce résultat est notamment la conséquence d'un programme de réduction des coûts lancé en 2011.

Ses dépenses ont diminué de 25% à 17 milliards de dollars, contre 22,9 milliards un an plus tôt et 19,1 milliards sur janvier-mars, et plus de 12.000 postes ont été supprimés par rapport à l'an dernier, ramenant l'effectif total à 275.460 salariés.

La première phase du programme de réduction des coûts "Project New BAC" a été lancée en 2011, avec pour objectif cinq milliards de dollars d'économies annuelles et 30.000 emplois en moins d'ici 2014 dans la banque de détail et l'informatique.

La seconde phase vise trois milliards de dollars d'économies annuelles d'ici la mi-2015, sans fixer d'objectifs de réduction des effectifs.

BofA a réalisé sur la période avril-juin un bénéfice net de 2,5 milliards de dollars (2,04 milliards d'euros), soit 19 cents par action, à comparer à une perte de 8,8 milliards un an plus tôt.

Le groupe de Charlotte (Caroline du Nord) avait alors passé dans ses comptes pour 20,7 milliards de dollars de charges exceptionnelles et de provisions sur son portefeuille de créances immobilières.

Pour le deuxième trimestre de cette année, le consensus Thomson Reuters I/B/E/S donnait un bénéfice par action de 14 cents.

CAPITAL RECONSTITUÉ PLUS VITE QUE PRÉVU

Le redressement de BofA depuis la crise financière a jusqu'à présent été plus lent que celui de ses principaux rivaux, principalement en raison des pertes liées au rachat en 2008 de Countrywide Financial, un géant du crédit immobilier.

JPMorgan Chase, Wells Fargo, Citigroup et Goldman Sachs Group ont tous, ces derniers jours, battu le consensus grâce à des réductions de coûts, au redressement de leurs activités de crédit immobilier et à une diminution des impayés dans leur clientèle de particuliers.

Au deuxième trimestre, le produit net bancaire de BofA a reculé à 21,97 milliards de dollars contre 22,28 milliards sur les trois premiers mois de l'année, mais il a progressé nettement par rapport au chiffre de 13,24 milliards affiché il y a un an.

L'ensemble du secteur bancaire américain peine à faire croître ses activités dans un contexte de demande faible, de taux d'intérêt bas et de durcissement de la réglementation.

Les provisions sur créances douteuses ont reculé à 1,77 milliard de dollars au deuxième trimestre, leur plus bas niveau depuis le premier trimestre 2007, contre 3,26 milliards sur avril-juin 2011.

Le résultat du crédit immobilier n'a que peu augmenté par rapport au premier trimestre, à 1,66 milliard de dollars mais la banque avait perdu 13,2 milliards un an auparavant sur ce segment.

La banque avait nettement réduit son encours de crédits immobiliers à la suite des pertes massives de Countrywide mais elle a dit qu'elle avait regagné des parts de marché durant le deuxième trimestre.

Les coûts du crédit immobilier diminuent, a noté Gary Townsend, président de Hill-Townsend Capital. "C'est très important parce qu'ils ont représenté un poids considérable ces trois dernières années".

Le total des prêts a diminué à 892,3 milliards de dollars contre 902,3 milliards au premier trimestre, la banque continuant à céder des actifs. JPMorgan, Wells Fargo et Citigroup avaient vu au contraire leurs prêts augmenter légèrement.

En revanche, les prêts aux entreprises de BofA ont augmenté légèrement par rapport à l'an passé, à 267,8 milliards de dollars.

La banque a enfin dit qu'elle avait réalisé une meilleure performance que prévu en matière de reconstitution des fonds propres durant le trimestre. Son ratio de capital Tier 1 estimé a atteint 8,1% des actifs pondérés du risque, suivant la norme Bâle III. La banque avait dit auparavant qu'il serait au-dessus de 7,5% d'ici la fin de l'année.

L'action Bank of America perdait 2,52% à 7,72 dollars en matinée.

Marc Angrand pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant