Boeing relève sa prévision après un bon 3e trimestre

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BON TRIMESTRE POUR BOEING
BON TRIMESTRE POUR BOEING

par Alwyn Scott

(Reuters) - Boeing a relevé mercredi sa prévision de résultat annuel, après un bond en avant de 12% de son bénéfice trimestriel, qui a largement dépassé les anticipations des analystes à Wall Street.

Le constructeur aéronautique américain a aussi annoncé mercredi son intention d'accélérer la production de 787 Dreamliner, une décision très attendue après une série noire de problèmes techniques sur son nouveau modèle.

Les marges bénéficiaires de l'avionneur ont fortement augmenté au cours du trimestre dernier, notamment pour les appareils commerciaux, ce qui montre non seulement que Boeing s'apprête à livrer un nombre record d'avions cette année, mais qu'il les construit de façon efficace, rapportent les analystes.

"De solides performances opérationnelles soutiennent les résultats, le chiffre d'affaires et le cash flow", a déclaré le directeur général de Boeing, Jim McNerney, dans un communiqué.

L'amélioration de la marge bénéficiaire au niveau opérationnel sur les avions commerciaux, à 11,6% contre 9,5% un an auparavant, soulève toutefois quelques questions.

"Les investisseurs se demandent "si c'est un évènement ponctuel ou bien si de tels niveaux (de marges) peuvent être reproduits", souligne l'analyste financier Robert Stallard, chez RBC Capital Markets.

Boeing a apporté des éléments de réponse par la voix de son directeur financier, Greg Smith, qui a déclaré que les marges seraient sous pression au quatrième trimestre, en raison d'une hausse des coûts de recherche et développement, et d'une accélération des livraisons de 787, moins rentables.

Avec la hausse des livraisons, a-t-il expliqué, Boeing devra aussi faire face à une augmentation des coûts liés à la nécessité de garantir une flotte plus importante d'avions en exploitation, ce qui pèsera là aussi sur les marges.

Le bénéfice net trimestriel du constructeur est ressorti à 1,51 dollar par action, contre 1,35 dollar un an auparavant, sur un chiffre d'affaires en hausse de 11% à 22,13 milliards, soutenu notamment par une hausse de 14% des livraisons d'avions.

HAUSSE DES VENTES ET DES MARGES

Son bénéfice courant, hors frais annexes comme le paiement des retraites, a augmenté de 16% à 1,80 dollar par action, contre 1,55 dollar par action un an auparavant.

Ces performances sont supérieures au consensus Thomson Reuters I/B/E/S d'un bénéfice récurrent de 1,55 dollar par action et d'un chiffre d'affaires de 21,68 milliards de dollars.

L'avionneur américain a relevé sa fourchette de prévision de bénéfice annuel par action qui se situe désormais entre 6,50 et 6,65 dollars par action, alors qu'il prédisait jusqu'à présent un bénéfice par action de 6,20 à 6,40 dollars.

Il a toutefois laissé son objectif de ventes annuelles inchangé, entre 83 et 86 milliards de dollars, tout comme son objectif de livraisons, entre 635 et 645 appareils.

Sur les neuf premiers mois de l'année, Boeing a livré 476 appareils, dont 170 au troisième trimestre. Il lui faudra donc en avoir livré 169 au cours des trois derniers mois de l'année pour atteindre le haut de la fourchette de ses prévisions.

Le titre prend 4,30% à 127,76 dollars à Wall Street vers 16h00 GMT, alors que le Dow Jones recule de 0,39%.

"Nous restons acheteurs aux cours actuels (...) sachant que les performances opérationnelles (du groupe) continuent à promettre un potentiel de hausse (du titre)", écrit Peter Arment, analyste chez Sterne Agee, dans une note à ses clients, Il a fixé un objectif de cours à 164 dollars sur l'action.

Boeing a par ailleurs annoncé son intention d'augmenter sa production de 787 Dreamliner à 12 appareils par mois en 2016, contre un objectif de 10 par mois d'ici la fin de 2013.

Le Dreamliner, le plus récent modèle mis sur le marché par Boeing, a connu ces derniers mois une série de dysfonctionnements qui ont notamment contraint les autorités à clouer au sol pendant plusieurs semaines l'ensemble de la flotte mondiale au début de l'année et retardé sa commercialisation.

Nicolas Delame et Juliette Rouillon pour le service français

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