Boehner serait prêt à accepter une hausse d'impôts aux USA

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PREMIÈRE ÉVOLUTION DU DISCOURS DE JOHN BOEHNER SUR UNE HAUSSE D'IMPÔTS
PREMIÈRE ÉVOLUTION DU DISCOURS DE JOHN BOEHNER SUR UNE HAUSSE D'IMPÔTS

par Thomas Ferraro et Steve Holland

WASHINGTON (Reuters) - John Boehner s'est dit prêt à accepter une hausse des impôts sur les plus hauts revenus en échange d'une réduction importante des dépenses sociales afin de débloquer les négociations sur le "mur budgétaire" aux Etats-Unis mais Barack Obama n'est pas disposé à accepter cette offre, a-t-on appris samedi soir de source proche des négociations.

Cette proposition constitue le premier signe d'évolution du président républicain de la Chambre des représentants par rapport à sa position intangible depuis des mois.

Les républicains ont jusqu'à présent refusé la proposition de Barack Obama consistant à prolonger des exonérations d'impôts pour l'ensemble des contribuables, excepté les plus fortunés. Ils réclament que l'ensemble des Américains bénéficient d'une telle mesure.

La Maison blanche considère que la dernière proposition de John Boehner constitue un "progrès" mais les positions des deux camps demeurent éloignées, a-t-on dit de même source.

En l'absence d'accord entre les républicains et le président démocrate, les Etats-Unis seront confrontés le 1er janvier à un "mur budgétaire".

L'expression recouvre la coïncidence de deux événements distincts: d'une part la fin des allègements d'impôts décidés sous George Bush et reconduit en 2010 par Barack Obama; de l'autre la mise en oeuvre de coupes automatiques dans les dépenses publiques conséquence de l'accord de l'été 2011 sur le relèvement du plafond de la dette.

Pour les économistes, la conjonction de ces deux facteurs serait susceptible de créer un choc négatif sur l'économie américaine et la faire plonger dans la récession.

La fixation des taux d'imposition et les dépenses de sécurité sociale sont les deux points les plus difficiles dans la négociation qui s'est amorcée entre les démocrates et les républicains, majoritaires à la Chambre des représentants, pour contourner ce mur.

L'OPINION PUBLIQUE FAVORABLE AU PROJET D'OBAMA

La proposition de John Boehner, dont les contours et les détails demeuraient flous samedi soir, est le premier signe majeur d'une possible évolution de la position du Parti républicain.

La droite américaine exigeait jusque là que la totalité des allègements fiscaux soient prolongées, y compris pour les tranches de revenus les plus élevées.

Barack Obama, réélu le 6 novembre pour un second mandat, réclame pour sa part que les Américains les plus aisés participent davantage à l'effort de réduction des déficits et de la dette et a érigé en position de principe sa volonté de prolonger les baisses d'impôts sauf pour les revenus supérieurs à 250.000 dollars par an.

L'évolution de John Boehner ne constitue toutefois pas une véritable surprise: l'opinion publique semble majoritairement favorable à la position d'Obama et plusieurs sénateurs républicains ont récemment prôné davantage de souplesse dans la négociation.

Selon un sondage réalisé pour le Wall Street Journal et NBC et publié mercredi dernier, trois quarts des Américains se prononcent en faveur d'une augmentation des impôts des plus riches pour éviter le 'mur'. Parmi les républicains, cette proportion atteint 61% des personnes interrogées.

"Nous savons que s'il n'y a pas d'accord, c'est nous qui serons jugés responsables", a déclaré un assistant parlementaire républicain.

Sur la question des dépenses sociales, Barack Obama est sous la pression de son propre Parti démocrate qui considère la défense du programme fédéral Medicare, l'assurance maladie des personnes âgées, comme un principe intangible.

Alors que l'heure tourne, le massacre de vendredi dans une école primaire du Connecticut a stoppé le débat sur le "mur budgétaire".

Obama a modifié son agenda et annulé un déplacement prévu dans le Maine où il devait une nouvelle fois défendre sa position; Boehner a renoncé lui à intervenir samedi, comme il le fait chaque semaine, en réponse à l'allocution hebdomadaire du président "de sorte que le président Obama puisse parler au nom de la nation tout entière dans cette période de deuil".

Mais les discussions devraient reprendre la semaine prochaine, avant les vacances de Noël.

avec Richard Cowan et Kim Dixon; Bertrand Boucey et Henri-Pierre André pour le service français

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