BNY Mellon AM France : " Nous avons collecté plus d'un milliard de dollars en net cette année"

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(NEWSManagers.com) - Entretien avec Anne-Laure Frischlander, directeur général de BNY Mellon AM France.



Des gestionnaires étrangers collectent fortement en France, en raison de leur offre de fonds ciblée et diversifiante pour les investisseurs. Avec sa structure " multi-boutiques" , BNY Mellon Asset Management en France est de ceux-là, comme l'explique Anne-Laure Frischlander à Newsmanagers.



Newsmanagers : Comment BNY Mellon Asset Management France a-t-elle traversé la période perturbée que nous connaissons sur les marchés ?



Anne-Laure Frischlander : Nous avons réalisé cette année une très forte collecte, supérieure à 1,1 milliard de dollars en net et de l'ordre de 1,4 milliard au 15 septembre. Nos encours dépassent désormais les 3 milliards de dollars. En fait, nous n'avons pas doublé nos encours comme je le pronostiquais en juillet 2009, mais nous les avons triplés.

NM : Disposez-vous des ressources humaines suffisantes pour faire face à une telle expansion ?

A.-L. F. : Nous sommes en train de finaliser le recrutement d'un commercial institutionnel à Paris et avons une ressource à Londres dédiée au cash qui travaille également sur le marché français. Au total, nous alignons pour le développement en France deux personnes à Londres et six à Paris.

NM : De combien de produits votre gamme en France se compose-t-elle ?

A.-L. F. : En France, nous avons fait enregistrer une trentaine de fonds, dont un tiers sont très activement commercialisés. Le groupe a continué d'engranger des actifs, notamment sur la dette locale en monnaie locale, où l'encours du fonds dépasse les 4,3 milliards de dollars, et qui avait déjà été notre plus forte collecte en 2010 ; la dette émergente nous a permis d'enregistrer entre 500 millions et 600 millions de dollars de rentrées nettes à Paris. Cela tient au fait qu'il s'agit de produits purs et que les investisseurs institutionnels ont commencé à se diversifier au profit de la dette émergente. Mais nous avons aussi bien collecté sur la gestion active " aggregate" pour les dettes de la zone euro.



NM : Compte tenu de votre structure " multi-boutiques" quels autres fonds mettez-vous en avant ?



A.-L. F. : Notre boutique Newton a eu beaucoup de succès dans le domaine de la performance absolue avec une gestion flexible. Ce sont des produits destinés à battre l'inflation et utilisant des actions, des obligations, et également des actifs réels tels que des matières premières et de l'immobilier, avec le Global Real Return. Tout cela avec une utilisation simple de dérivés. Sur ce produit, nous avons réalisé plus de 10 % de notre collecte. Nous visons là une clientèle patrimoniale mais avons rencontré aussi un bon succès auprès des institutionnels.
Nous mettons également en avant les fonds" Absolute Return" de notre boutique Insight, avec cinq fonds, dont surtout nos produit market neutral et long/short, mais aussi un fonds de dette émergente, un fonds devises en gestion de performances absolues. Sur quatre de ces fonds, nous avons collecté 250 millions de dollars.




NM : Lesquels de vos fonds drainent-ils des souscriptions ?

A.-L. F. : En dehors de la dette émergente, et de la performance absolue, nous enregistrons un bon niveau de demande pour le produit actions Brésil, les actions internationales et les obligations gouvernementales. Pour le monétaire également que nous proposons depuis peu sur le marché français (lire Newsmanagers du 5 octobre). Nous avons une véritable légitimité pour les fonds monétaires en dollars, en euros et en livres, puisque, après tout, le groupe gère 445 milliards de dollars sur ce segment ! Cette classe d'actifs qui nous manquait répond au besoin des investisseurs de réduire leur exposition aux actifs risqués avec une formule plus rémunératrice que le cash. Cela nous permet aussi d'aborder le créneau de clientèle des trésoriers d'entreprises.

NM : Comment expliquez vous votre succès commercial ?



A.-L. F. : On constate un retour du besoin de décorrélation, un mouvement très fort avec de la demande émanant des fonds de fonds ainsi que des institutionnels en quête de produits diversifiants. Les assureurs représentent environ 60 % du marché français. Avec la directive Solvabilité II, qui peut coûter cher, ces investisseurs visent une poche satellite avec un surcroît de décorrélation intégrant aussi des stratégies alternatives (ou " newcits" ), ce qui s'accompagne d'une demande plus forte également de la part des fonds de fonds.



NM : Des déceptions malgré tout pour certains de vos produits ?



A.-L. F. : Nous sommes un peu déçus par la demande concernant les produits d'infrastructures, comme celui sur le Brésil. Mais il s' agit d' un investissement de long terme. Cette thématique est relativement longue à " prendre" notamment dans la période d' agitation actuelle.


Elodie Witting

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