BNP réduit encore son bilan en cédant un bloc de Klépierre

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BNP PARIBAS CÈDE UN BLOC DE KLÉPIERRE
BNP PARIBAS CÈDE UN BLOC DE KLÉPIERRE

PARIS (Reuters) - BNP Paribas a accéléré jeudi la réduction de la taille de son bilan (deleveraging) en cédant au groupe américain Simon Property Group un bloc de 28,7% dans la foncière Klépierre, dégageant au passage une plus-value de 1,5 milliard d'euros.

Comme d'autres établissements bancaires européens, la banque française a engagé un vaste programme de réduction de bilan et de cessions d'actifs afin de se conformer aux nouvelles exigences de renforcement des fonds propres imposées par les autorités de tutelle dans le contexte de la crise financière.

La cession de ce bloc de 54,43 millions d'actions, à un prix unitaire de 28 euros par action (+20% par rapport au dernier cours), contribuera à hauteur de 32 points de base à l'objectif de la banque d'atteindre un ratio "common equity" tier one de 9% dès le 1er janvier 2013 dans le cadre des nouvelles règles prudentielles de Bâle III.

A l'issue de cette opération, BNP Paribas ne conservera que 22,2% du capital de Klépierre, ce qui lui permettra de déconsolider cette participation, que la banque s'est toutefois engagée à conserver intégralement pendant au moins un an.

La transaction se traduira aussi pour la banque par une réduction d'environ 25 milliards d'euros de ses actifs pondérés des risques au sein de sa division "autres activités", un montant qui correspond à près de 90% de l'objectif de 28 milliards qu'elle s'est fixé, a précisé à Reuters une porte-parole de BNP.

Simon Property, un acteur reconnu du secteur immobilier qui devient ainsi le premier actionnaire de Klépierre, a précisé que son PDG, David Simon, prendrait la présidence du conseil de surveillance du groupe français.

Deux autres représentants du groupe américain, qui a précisé qu'il n'avait pas l'intention actuellement d'acheter davantage d'actions Klépierre, seront également membres du conseil, qui comporte neuf membres.

"Si Simon Property dit qu'il n'a pas l'intention, à ce stade, d'augmenter sa participation, il nous semble que c'est le sens de l'histoire à moyen terme, BNP n'ayant pas vocation à rester au sein de Klépierre (...) même s'il s'est engagé à conserver l'intégralité de sa participation au moins un an", observe Serge Demirdjian, analyste chez Natixis.

A 12h57, le titre BNP progressait de 4,12% à 37,1350 euros, surperformant nettement l'indice bancaire européen (+2,15%). Le titre Klépierre progressait de son côté de 5,36% à 24,65 euros (+12,34% depuis début janvier), portant sa capitalisation boursière à 4,7 milliards d'euros.

Pour réduire son bilan, BNP Paribas a également engagé une profonde restructuration de sa banque de financement et d'investissement (BFI). Elle table en 2012 sur de nouvelles charges exceptionnelles de 850 millions d'euros liées à des cessions d'actifs et à la restructuration de ses activités.

La banque a déjà cédé le mois dernier un portefeuille de prêts à des compagnies pétrolières à l'américain Wells Fargo.

En septembre, en annonçant ses premières mesures de réduction de la taille de son bilan, elle avait aussi indiqué vouloir arrêter ses activités de crédit hypothécaire dans des pays comme les Pays-Bas, la Hongrie, l'Espagne, la Suisse et la Norvège.

Avec la crise financière, d'autres établissements bancaires cherchent à réduire leur exposition au secteur immobilier.

Selon Les Echos, le groupe BPCE (Banque populaire - Caisse d'épargne) réfléchirait ainsi à un désengagement de Nexity, la société de promotion immobilière dont elle détient 42% du capital.

Jean-Michel Bélot avec Juliette Rouillon, Matthieu Protard, Jean Décotte et Lionel Laurent, édité par Marc Angrand

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