BNP rassure pour 2012 après un 4e trimestre plombé par la crise

le
3
LE BÉNÉFICE NET DE BNP PARIBAS DIVISÉ PAR DEUX AU 4E TRIMESTRE
LE BÉNÉFICE NET DE BNP PARIBAS DIVISÉ PAR DEUX AU 4E TRIMESTRE

par Matthieu Protard et Lionel Laurent

PARIS (Reuters) - BNP Paribas, dont les comptes 2011 ont été pénalisés par les provisions sur la Grèce et la crise financière, a néanmoins rassuré mercredi les marchés sur ses perspectives pour 2012 après avoir fait état d'un bon début d'année dans la banque d'investissement.

Son directeur général, Jean-Laurent Bonnafé, a également dit s'attendre cette année à une stabilisation de la crise de la zone euro et à un ralentissement économique en Europe, écartant ainsi le scénario de récession retenu par certains économistes.

"Nous pensons qu'il y aura une sorte de stabilisation de la situation de la zone euro", déclare le directeur général de BNP Paribas dans une interview à Reuters Insider. "Il y aura une sorte de ralentissement (économique, NDLR) en Europe cette année, mais pas de récession."

Interrogé sur les perspectives en 2012 pour les activités, il a fait état d'un "fort" début d'année dans la banque d'investissement.

Vers 12h50, le titre BNP Paribas signe la plus forte hausse du CAC 40, en progression de 6,62% à 35,73 euros, et surperforme l'indice sectoriel européen (+2,5%). L'action a repris près de 18% depuis le début de l'année, portant la capitalisation boursière du groupe à 43 milliards d'euros, après avoir chuté de 36% en 2011.

"La performance (de la BFI, ndlr) est clairement meilleure que la moyenne des BFI européennes et américaines", souligne Alex Koagne, analyste chez Natixis securities.

"Par ailleurs, le groupe s'est montré globalement optimiste en indiquant que le début d'année avait été bon dans cette activité", poursuit-il.

"EN AVANCE" SUR LA RECAPITALISATION

Bien qu'étant en repli de 50% à 765 millions d'euros au quatrième trimestre, le résultat net se révèle supérieur aux attentes des analystes interrogés par la rédaction de Reuters.

Ces derniers tablaient en moyenne sur des pertes plus importantes dans les activités de banque de financement et d'investissement (BFI), à l'image de ce qui est ressorti des résultats de Deutsche Bank.

"Malgré une année marquée par de nombreux éléments non récurrents (...), la banque affiche une rentabilité correcte tandis que sa solvabilité et sa situation de liquidité continuent à se renforcer", souligne Pierre Chedeville, analyste chez CM-CIC securities dans une note.

BNP Paribas, qui a finalement décidé de maintenir un dividende, à la différence de la SocGen et du Crédit agricole, estime également avoir atteint avec six mois d'avance les objectifs de recapitalisation fixés par les régulateurs européens, avec un ratio de fonds propres de 9,6% à fin 2011.

"Ils n'ont pas besoin d'accélérer le processus de 'deleveraging' (réduction de bilan, NDLR)", retient Yohan Salleron, gérant chez Mandarine Gestion.

La banque française, qui a passé une charge supplémentaire de 639 millions d'euros dans ses comptes du dernier trimestre 2011 sur la dette publique grecque, indique avoir désormais porté à 75% son provisionnement sur la Grèce contre 60% précédemment.

NOUVEAU PLAN DE DÉVELOPPEMENT EN 2013

Son directeur général dit être confiant dans le fait que le groupe n'aura pas à passer de nouvelles provisions sur la Grèce, qui négocie un nouveau plan de sauvetage avec le Fonds monétaire international, l'Union européenne, la Banque centrale européenne et ses créanciers privées.

Dans la BFI, où la banque a subi pour 510 millions d'euros de pertes sur des cessions de dettes souveraines au T4, le groupe table en 2012 sur de nouvelles charges exceptionnelles de 850 millions d'euros liées à des cessions d'actifs et à la restructuration de ses activités.

"Le début d'année (2012, NDLR) a été assez fort dans la banque d'investissement", fait savoir Jean-Laurent Bonnafé.

Engagé comme de nombreuses banques européennes dans un plan de réduction de bilan et de cessions d'actifs, le directeur général de la BNP indique n'avoir toutefois "aucun plan" concernant une cession de sa filiale américaine BancWest. Il écarte aussi toute cession de sa filiale foncière Klépierre dont la banque détient 51% du capital.

Pour ce qui est de ses besoins de refinancement, point sur lequel se focalisent des investisseurs préoccupés par la santé financière des banques européennes, BNP fait savoir que son programme d'émission à moyen et long terme s'élève à 20 milliards d'euros pour 2012, dont cinq milliards ont déjà été levés.

La nouvelle équipe dirigeante de la banque, emmenée depuis décembre par Jean-Laurent Bonnafé, présentera en 2013 un nouveau plan de développement.

Avec Christian Plumb et Jean-Michel Bélot, édité par Benjamin Mallet

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
  • jfmaudi le mercredi 15 fév 2012 à 13:48

    marshaka, il suffit d'aller sur leur site et tu trouveras toutes les reponses a toutes tes questions.

  • marshaka le mercredi 15 fév 2012 à 13:38

    Ayez confiance, ayez confiance, achetez bnp... c'est marrant pour expliquer la hausse des indices, tout le monde nous parle de confiance mais bnp peut il nous dire combien il a perdu pour la grece et combien il lui reste dans ses comptes. Et après pour le portugal ? pour l'italie ? pour l'irlande ? quelle décote ?

  • Bear666 le mercredi 15 fév 2012 à 13:36

    Mort de rires, ils rassurent ah ah ah ah ah. Le cours de bourse depuis 2007 rassure aussi ! des guignols.