BNP pourrait se voir infliger une lourde amende aux USA

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BNP PARIBAS REDOUTE UNE LOURDE AMENDE AUX ÉTATS-UNIS
BNP PARIBAS REDOUTE UNE LOURDE AMENDE AUX ÉTATS-UNIS

par Matthias Blamont et Lionel Laurent

PARIS (Reuters) - BNP Paribas a prévenu mercredi qu'un litige avec les autorités américaines au sujet de paiements impliquant des pays sanctionnés par les Etats-Unis pourrait se traduire par une pénalité financière importante, supérieure à une provision de 1,1 milliard de dollars déjà constituée fin 2013.

La banque française a publié des résultats supérieurs aux attentes au titre du premier trimestre, portés notamment par la baisse des intérêts minoritaires relative à l'acquisition l'an dernier de la part de l'Etat belge dans Fortis. Les revenus dans les pôles opérationnels (retail banking, investment solutions et corporate & investment banking) ont reculé de près de 2%.

Vers 9h55, l'action BNP recule de 3,35% à 54,03 euros à la Bourse de Paris, non loin d'un plus bas de 53,55 euros touché en début de séance.

"Sur un plan opérationnel, la publication n'est pas formidable. Les revenus sont supérieurs de 1% aux attentes mais en ligne si l'on exclut les gains du 'corporate center'", écrivent les analystes de Jefferies dans une note de recherche.

"Les discussions qui ont eu lieu pendant le premier trimestre 2014, au sujet des paiements en dollar US concernant des pays soumis aux sanctions des Etats-Unis, montrent qu'il existe une très grande incertitude sur les sanctions qui pourraient être décidées par les autorités des Etats-Unis", souligne la BNP dans un communiqué.

"Il ne peut être exclu que la pénalité excède très significativement la provision constituée", ajoute la banque, sans davantage de détails.

La justice fédérale américaine envisage de lancer des poursuites pénales à l'encontre du groupe, a déclaré à Reuters une source proche du dossier.

Selon cette source, les régulateurs réfléchiraient parallèlement à suspendre l'autorisation de BNP d'effectuer des opérations de compensation à New York et à sanctionner certains collaborateurs individuellement. Une porte-parole de BNP s'est refusé à tout commentaire.

En 2012, les banques britanniques Standard Chartered et HSBC ont conclu des accords dans le cadre d'une procédure à l'amiable. Standard Chartered a accepté de payer une amende de 627 millions de dollars tandis que HSBC a dû verser 1,92 milliard de dollars.

Au delà de l'impact financier d'une possible amende, une sanction des autorités américaines pourrait mettre à mal les ambitions de BNP en Amérique du Nord, région appelée à contribuer au PNB du groupe à hauteur de 12% en 2016, contre 10% en 2013.

Au cours d'une interview à Reuters Insider, le directeur financier Lars Machenil a confirmé que BNP disposait de fonds propres suffisants pour effectuer des acquisitions ciblées mais a écarté la perspective d'un rachat d'actions au niveau de cours actuel du titre.

MONTÉE DES PROVISIONS

Au cours de la période janvier-mars, le résultat net de BNP Paribas monte de 5,2% à 1,67 milliard d'euros.

Le produit net bancaire marque une légère diminution, de 0,6%, à 9,91 milliards d'euros, tandis que les revenus des pôles opérationnels reculent de 2,3% à 9,6 milliards.

Les analystes interrogés par Thomson Reuters anticipaient en moyenne un résultat net de 1,46 milliard d'euros et un PNB de 9,77 milliards.

La banque voit son coût du risque augmenter de 19%, à 1,08 milliard d'euros, une hausse à mettre sur le compte d'une provision de portefeuille de 100 millions d'euros liée à la situation en Ukraine et en Russie ainsi que d'une augmentation des provisions pour créances douteuses en Italie.

En France, le PNB de la banque de détail s'inscrit en hausse de 0,5% à 1,71 milliard d'euros.

La division "Autres activités" (corporate center), qui intègre notamment une plus-value nette de 301 millions d'euros grâce à des cessions de titres exceptionnelles, affiche pour sa part des revenus plus que doublés à 315 millions d'euros.

(Edité par Jean-Michel Bélot)

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  • domin288 le mercredi 30 avr 2014 à 13:45

    Beaucoup ici oublie l'épisode JP MORGAN.

  • domin288 le mercredi 30 avr 2014 à 13:42

    Le problème est qu'aux USA, si vous êtes bien dans les hautes sphères avec une aura de bienfaisance vous pouvez faire quelques entorses à la bienséance, mais si vous appliquez là bas le système de république bananière français, le risque est de vous faire punir. BNP a sans doute agit comme en Europe en oubliant la morale luthérienne des USA. D'où la Sanction, d'autres banques françaises agissent aux Etats Unis mais en respectant les règles de ce pays.

  • stricot le mercredi 30 avr 2014 à 13:09

    Je vois pas le lien entre le fiasco de l'Afghanistan, l'espionnage français et les restrictions commerciales globales à vocation politique locale des USA.

  • gglafont le mercredi 30 avr 2014 à 12:57

    Beaucoup d'antiaméricanisme primaire de gens qui ne connaissent vraiment pas les USA. On croirait lire Pif Gadget.

  • gglafont le mercredi 30 avr 2014 à 12:54

    zzxcvb41 L'effort de Guerre en Afghanistan des USA est sans commune mesure avec aucun autre pays. La Lybie n'est pas une opération initiée par les américains mais par la France. La France espionne aussi les autres pays et se plume toute seule.

  • ccondem1 le mercredi 30 avr 2014 à 11:22

    zzx...ça devrait donc durer encore un bon (?) moment !

  • pbenard6 le mercredi 30 avr 2014 à 11:08

    zzx......et ils en ont une grosse

  • stricot le mercredi 30 avr 2014 à 11:03

    Oui, les Etats-Unis décident unilatéralement de quels pays mettre sur une liste noire (pas l'ONU ni la Banque Mondiale ou quoi que ce soit), et toute banque qui réalise des transactions avec des cityens desdits pays peuvent être empêchées de faire du business aux USA... Et recoivent des amendes à coups de centaines de millions en cas de non-respect. C'est plus dictatorial que n'importe quel autre pays sur cette planète.

  • r.espic le mercredi 30 avr 2014 à 10:46

    Les usa racquettent toutes les entreprises étrangères. C'est un pays très dangereux, donc à risques.

  • M103385 le mercredi 30 avr 2014 à 10:00

    mfouche2 : qui vous dit qu'il y a eu volonté de tricher ? est-ce que vous êtes au fait des faits ? Quand on sait pas on se tait, car la vérité est plus proche du commentaire d'Uran, la moindre erreur coûte vite chère.