BNP Paribas réorganise son pôle CIB, rassure sur son capital

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    * Un milliard d'économies pour le CIB 
    * Pas d'impact annoncé sur les effectifs 
    * Un plan 2020 pour tout le groupe en préparation 
    * Les résultats du T4 inférieurs aux attentes 
    * L'action en hausse après les résultats 
 
 (Actualisé avec conférence de presse, cours de Bourse, 
commentaires) 
    par Julien Ponthus et Maya Nikolaeva 
    PARIS, 5 février (Reuters) - BNP Paribas  BNPP.PA  a lancé 
vendredi un plan de transformation de son pôle Corporate and 
Institutional Banking (CIB) afin de l'adapter aux contraintes 
réglementaires et d'améliorer sa rentabilité alors que de 
nombreuses banques ont été contraintes de drastiquement réduire 
la voilure sur ce terrain.  
    Annoncé à l'occasion de résultats annuels 2015, où la banque 
a rassuré ses investisseurs sur sa capacité à augmenter ses 
fonds propres, cette stratégie a été saluée sur les marchés dans 
la matinée avec une hausse de près de 5% du titre BNP Paribas. 
    La banque au logo vert, dont la capitalisation boursière a 
fondu de plus de 20% depuis le début de l'année prépare aussi 
pour l'ensemble du groupe un plan stratégique à l'horizon 2020 
qui devrait être communiqué dans les 12 prochains mois.  
    "CIB gagne aujourd'hui des parts de marché dans un contexte 
de repli de certains concurrents", se félicite dans un 
communiqué la banque pour qui "une nouvelle étape d'adaptation 
de CIB est aujourd'hui cependant nécessaire pour faire face aux 
nouvelles contraintes". 
    Très attendue par les investisseurs, cette réorganisation 
sera déclinée sur plusieurs axes stratégiques.  
    Un programme d'économies aura ainsi comme objectif de 
parvenir à un milliard d'euros d'économies de coûts d'ici 2019.  
    La banque de la rue d'Antin veut parallèlement rationaliser 
l'allocation de son bilan sur les métiers, pays et clients les 
plus prometteurs, tout en visant une réduction brute de 20 
milliards d'euros des actifs pondérés.      
    Elle veut ainsi développer des métiers moins gourmands en 
capital et plus générateurs de commissions, comme le conseil ou 
les services aux clients.  
    Au total, le pôle CIB vise "une croissance annuelle moyenne 
des revenus de 4% entre 2015 et 2019, une amélioration du 
coefficient d'exploitation de huit points et une amélioration du 
résultat avant impôt de 1,6 milliard d'euros par rapport à 
2015", résume la banque. 
    Le patron de la division, Alain Papiasse, a précisé que 
d'éventuelles suppressions de postes seraient déterminées au 
cours de la mise en oeuvre du plan. 
    BNP Paribas s'est félicité des performances actuelles de CIB 
"malgré un contexte de marché attentiste et nerveux", alors que 
des concurrents comme Deutsche Bank ont souffert ces derniers 
mois dans la banque d'investissement.           
    En 2015, le résultat avant impôt de CIB a progressé de 17,9% 
à 3,329 milliards d'euros (+7,6% à périmètre et taux de change 
constants). 
     
    BNP BÉNÉFICIE DE LA COMPARAISON AVEC UBS, CREDIT SUISSE 
    Le directeur général Jean-Laurent Bonnafé s'est voulu 
rassurant face à la volatilité des marchés financiers, perturbés 
par la chute des prix du pétrole et des matières premières, la 
chute de la croissance des pays émergents et l'incertitude liée 
à la politique monétaire des Etats-Unis et de la zone euro.  
    "Nous regardons évidemment de près les évolutions en Asie et 
les développements qui lui sont liés mais nous n'avons 
actuellement aucune raison de nous attendre à une dégradation du 
coût du risque", a assuré Jean-Laurent Bonnafé. 
    Le résultat net du quatrième trimestre a constitué une ombre 
au tableau plutôt positif de son activité en 2015, ce chiffre,  
à 665 millions d'euros, est inférieur au consensus Reuters (845 
millions), après une dépréciation d'actifs de 0,9 milliard sur 
la filiale italienne BNL.  
    "Au final, cette publication, qui parait sous les attentes 
en raison du résultat net, est de grande qualité relativement 
aux autres banques", estime le broker Aurel BGC dans une note.  
    BNP Paribas a ouvert vendredi la saison des résultats 
annuels des banques françaises alors que des groupes européens 
ont fait part de résultats décevants, comme Credit Suisse 
 CSGN.VX  avec sa première perte annuelle depuis 2008 ou UBS 
 UBSG.VX  avec une division gestion de fortune en berne. 
    
    "Les chiffres ne sont pas formidables mais ils sont toujours 
meilleurs que ceux d'UBS et de Crédit Suisse cette semaine", a 
commenté François Savary, qui dirige à Genève l'investissement 
de Prime Partners, un actionnaire de BNP.  
    L'établissement bancaire français a dépassé les attentes en 
terme de fonds propres en augmentant sur trois mois de 20 points 
de base son ratio de solvabilité "Common Equity Tier 1" (CET1), 
à 10,9% alors que le marché n'attendait que 10,8%. 
     
    Le communiqué: 
    http://bit.ly/1KuaB0B 
    La présentation: 
    http://bit.ly/1TIkkT0 
 
 (Avec Alexandre Boksenbaum-Granier et Sudip Kar-Gupta à 
Londres, édité par Jean-Michel Bélot) 
 

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