BNP Paribas IP : Perspectives d'investissement pour le second semestre: la croissance gagne du terrain

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Les rendements obligataires devraient rester bas pendant encore un certain temps

L'année 2013 a vu les Etats-Unis se redresser et le Japon croître fortement, tandis que la zone euro émergeait lentement de la récession. Depuis le début de cette année, les taux de croissance de ces trois régions deviennent plus homogènes. Ces économies ont un facteur en commun : moins d'austérité, et donc moins de mesures gouvernementales freinant la croissance.

Vers une synchronisation de la croissance
L'économie américaine se trouve plus loin dans son cycle économique. Les investissements sont partis à la hausse, tandis que le chômage suivait la trajectoire inverse. La zone euro accuse un retard par rapport aux Etats-Unis : le chômage commence à peine à se stabiliser et les investissements des entreprises tardent à décoller. Le Japon est confronté à une chute de la consommation après la hausse fiscale d'avril, mais l'économie pourrait se consolider au second semestre lorsque les salaires et les investissements d'entreprises repartiront à la hausse. En Chine, le ralentissement de la croissance semble toucher à sa fin. S'ajoutant à un premier trimestre décevant aux Etats-Unis et à la lenteur du redressement de la zone euro, le creux chinois s'est répercuté sur d'autres économies émergentes.

Concernant notre allocation géographique en actions1, nous ne privilégions aucune région. Les actions des pays émergents semblent afficher des valorisations intéressantes, mais nous préférons attendre une confirmation de la croissance avant de surpondérer cette classe d'actifs. Nous sommes convaincus par le potentiel des actions européennes : la situation économique s'améliore, les marges bénéficiaires progressent et les valorisations sont favorables en termes relatifs. En revanche, les actions européennes sont vulnérables face aux événements en Ukraine.

Politique de monétaire : changement de vitesse
La stratégie de la Réserve fédérale américaine est claire comme de l'eau de roche : réduire les achats d'actifs progressivement (tapering), évaluer l'impact sur les marchés et l'économie et commencer à relever les taux, probablement à partir du second semestre 2015. Jusqu'à présent, les marchés ont bien réagi au tapering et à la normalisation des taux directeurs.
Les marchés de la zone euro sont à l'affut du moindre indice de la BCE sur les mesures que celle-ci compte prendre pour relancer l'inflation trop basse ou affaiblir l'euro trop fort. L'assouplissement quantitatif en particulier pourrait réussir à contenir les rendements obligataires, à affaiblir l'euro et à doper les actions. Parmi tous les scénarios, un QE à grande échelle demeure le moins probable selon nous.

En Extrême-Orient, la Banque du Japon pourrait accentuer ses achats d'actifs afin d'affaiblir le yen et de stimuler l'inflation. Cette mesure pourrait aussi soutenir les actions. Étant donné que le déficit budgétaire ne sera pas résorbé et que le fonds de pension de l'État va probablement s'orienter davantage vers les actions, la banque centrale doit poursuivre ses achats d'obligations dans le cadre de son assouplissement quantitatif afin d'empêcher les rendements obligataires de monter en flèche.
La politique générale joue clairement un rôle clé dans le plafonnement des rendements obligataires et des primes de risque des obligations d'État périphériques de la zone euro par rapport aux obligations d'entreprises et des pays émergents.

Marchés émergents : garder un ½il sur le climat local
Le risque d'atterrissage brutal de l'économie chinoise nous semble mince compte tenu de l'influence du gouvernement sur l'économie. Ceci dit, même un léger ralentissement réduira le potentiel haussier des matières premières. Les actions émergentes doivent être évaluées au cas par cas : les pays exportateurs de matières premières devraient souffrir, alors que les importateurs de matières premières pourraient progresser. Parallèlement, la demande des pays industrialisés pourrait mettre à l'abri les fournisseurs de biens intermédiaires à la Chine.


1 Ceci est la synthèse des perspectives d'investissement pour le second semestre rédigées au 30 avril, lesquelles reflètent les opinions de William De Vijlder, vice-chairman de BNP Paribas Investment Partners, et de Joost van Leenders, économiste en chef de l'équipe Multi Asset Solutions.

Si vous souhaitez lire d'autres commentaires et analyses de William De Vijlder, vous pouvez consulter son blog : 'William's World'

Pour découvrir d'autres commentaires de Joost van Leenders, consultez la section Weekly strategy update

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