BNP Paribas Banque Privée accorde plus de place aux actifs risqués

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(NEWSManagers.com) -
" La Bourse est une façon onéreuse de tester son tempérament" ? En dépit de cette citation d'Adam Smith, Luc Lefer, responsable des gestions privées sous mandat de BNP Paribas Banque Privée, a annoncé qu'il était temps d'augmenter les risques dans les portefeuilles, à l'occasion d'une conférence sur les " perspectives de marchés et allocation de gestion" . L'intéressé s'est néanmoins empressé d'ajouter que la hausse devait être raisonnable.
Après avoir énuméré les éléments positifs qui se profilent à l'horizon 2011 ? des politiques monétaires et budgétaires accommodantes, de la croissance, une dynamique ascendante des chiffres d'affaires, la santé des marchés émergents, etc. ? tout en évaluant les risques qui pèsent sur l'économie mondiale ? le niveau des déficits publics, les taux de chômage élevés notamment outre-Atlantique, la crise immobilière aux Etats-Unis réduisant la mobilité des personnes à la recherche d'un emploi, etc. ? Luc Lefer a exposé le scénario de la banque. " Une double récession est écartée et nous ne croyons pas à l'explosion de la zone euro" , a-t-il noté. " Si l'on ajoute la politique volontariste de la Federal Reserve via le " quantitative easing" , la période est favorable aux actifs risqués et ce au détriment des obligations."
Dans ce cadre, l'allocation de la gestion fait tout d'abord un pari géographique sur les pays émergents où l'on constate un phénomène d'urbanisation (favorable aux infrastructures), une démographie forte, l'émergence d'une classe moyenne et des gains de productivité. " Il n'est pas trop tard pour se porter vers ces zones, notamment les pays BRIC même si la Chine, pour son retard et l'effet rattrapage qui doit se produire, et la Russie, pour sa décote de 30 % par rapport à sa moyenne historique et son exposition aux matières premières, ont les préférences de la gestion" , a-t-il relevé.

Pour la partie actions, la gestion se porte maintenant vers un renforcement sectoriel sur la consommation cyclique. Les secteurs du voyage (Air France, Lufthansa) et de l'automobile (via les émergents avec Daimler) sont privilégiés tandis que les secteurs de la santé et des télécoms sont vendus après avoir bien joué leur rôle défensif en 2010. Plus précisément, les valeurs de croissance et les larges capitalisations seront favorisées au début 2011, à l'image de L'Oréal, Adidas ou Pernod. " Une capitalisation comme l'Oréal offre un profil séduisant en comptant être exposée aux marchés émergents pour 50 % de son chiffre d'affaires dans les cinq ans à venir" , a relevé Luc Lefer?


Du côté des obligations dont le poids est donc revu en baisse dans l'allocation, le responsable des gestions privées sous mandat de BNP Paribas Banque Privée a insisté sur le fait que leur sensibilité était réduite afin de palier une remontée des taux. Pour le reste, ce sont surtout les fonds investis dans des titres à haut rendement qui ont désormais les préférences de Luc Lefer ? auxquels s'ajoutent des produits à performance absolue. Enfin, le poids des obligations convertibles a été légèrement relevé dans la mesure où ces titres permettent dans un contexte sécurisé de profiter des hausses des marchés d'actions.

Enfin, au sein du portefeuille, la poche diversifiée connaît aussi quelques modifications. Tout en rappelant que la diversification devait être permanente, Luc Lefer a noté que les matières premières sont à la fois soutenues par la croissance des émergents et offrent une bonne protection contre le risque d'inflation. " Quoi qu'il en soit, nous ne tablons pas sur un retour de l'inflation dans les deux ans à venir." Quant au marché des changes, il recèle aussi des sources potentielles de performance au sein de cette poche.

Quels clients pourront se montrer les plus sensibles au message du responsable favorable aux actifs risqués ? Sachant que la banque privée regroupe une population de 130 000 clients - disposant d'au moins 250 000 euros d'avoirs financiers -pour un montant global de 68 milliards d'euros dont 13 milliards sont gérés via des mandats, ce sont naturellement ces derniers dans leur version les plus dynamiques qui sont clairement en ligne de mire. " Les mandats équilibres, dynamiques et offensifs représentent 70 % de l'ensemble" , rappelle Luc Lefer, " tandis que les mandats dits conservateurs représentent 15 à 20 %" . Cela dit, a tenu à ajouter le responsable, " une seule personne peut nous avoir confié plusieurs mandats affichant des objectifs différents dès lors qu'ils répondent à des objectifs variés, comme la préparation à la retraite, la perception de revenus, etc" . A noter enfin, qu'au sein des mandats en question, les titres vifs représentent 25 % et que plus le montant des avoirs confiés est élevé, " plus le principe de l'architecture ouverte joue à plein sur la partie OPCVM."

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