BNP Paribas accélère en Pologne avec le rachat de BGZ

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BNP PARIBAS RACHÈTE LA DIVISION POLONAISE DE RABOBANK
BNP PARIBAS RACHÈTE LA DIVISION POLONAISE DE RABOBANK

par Marcin Goclowski et Matthias Blamont

VARSOVIE/PARIS (Reuters) - BNP Paribas a annoncé jeudi son intention de racheter BGZ, la division polonaise du néerlandais Rabobank, une transaction estimée à environ un milliard d'euros qui doit permettre à la première banque de la zone euro de renforcer sa présence en Europe de l'Est.

La proposition doit encore obtenir l'aval du régulateur, lequel a émis des doutes ces derniers mois sur une opération impliquant BGZ, mais témoigne de la poursuite du mouvement de consolidation à l'oeuvre dans le secteur bancaire polonais.

"BNP Paribas et le groupe Rabobank ont annoncé avoir trouvé un accord en vue de la cession à BNP Paribas de la participation de 98,5% détenue par Rabobank dans la Banque BGZ (Bank Gospodarki ?ywno?ciowej) pour un montant valorisant la banque à 4,2 milliards de zlotys (environ un milliard d'euros)", peut-on lire dans un communiqué.

"L'opération devrait avoir un impact mineur (environ -15 points de base) sur le ratio 'common equity tier one Bâle III' du groupe BNP Paribas et un léger effet relutif immédiat sur son résultat net par action (pro forma 2013)."

Au 30 septembre, le ratio common equity tier one Bâle III de BNP atteignait 10,8%.

L'offre de la banque française offre une prime de 14% par rapport à la valeur de marché de BGZ, onzième banque de Pologne par la taille de bilan.

A 13h45, l'action BNP progresse de 0,44% à 52,96 euros à la Bourse de Paris tandis qu'à Varsovie le titre BGZ gagne 5,88% à 76 zlotys après une pointe à 77,5 zlotys. Au même moment, l'indice sectoriel des banques de la zone euro avance de 0,1%.

Rabobank , condamné à une amende d'un milliard de dollars pour son implication dans le scandale de manipulation du taux interbancaire Libor, avait dit en juin réfléchir aux options à sa disposition pour sa filiale polonaise.

Outre BNP, l'espagnol Santander et l'italien Unicredit avaient également manifesté leur intérêt.

La BNP avait déjà tenté de muscler son dispositif en Pologne en 2010 en exprimant son intérêt pour la banque Zachodni, finalement remportée par Santander.

CAP A L'EST

Sommées au déclenchement de la crise de nettoyer et renforcer leurs bilans, plusieurs banques européennes commencent à retrouver de l'appétit pour les acquisitions.

La Pologne, qui compte 38 millions d'habitants, intéresse particulièrement les investisseurs. Le rythme de croissance de son économie a été supérieur à celui de la zone euro depuis 2008. En juin, la première banque de Pologne, PKO, a annoncé la reprise des activités polonaises du suédois Nordea pour 694 million d'euros.

BNP, déjà actif en Pologne via sa filiale BNP Paribas Bank Polska, espère acquérir une "taille critique" dans le pays. Kamil Stolarski, analyste chez Banco Espirito Santo, estime toutefois que la part de marché de BNP à l'issue de la transaction devrait s'établir autour de 4,5%.

"Comme ce n'est pas significatif, je m'attends à ce qu'ils (BNP) essaient d'acheter d'autres établissements", dit-il.

Le groupe devra toutefois vaincre le scepticisme de l'autorité locale de régulation, inquiète d'un mouvement de concentration qui placerait la propriété des banques polonaises dans les mains d'un nombre restreint d'acteurs.

Dans un communiqué, l'autorité de régulation polonaise KNF a fait savoir qu'elle étudierait l'opération. Elle avait précédemment indiqué qu'elle préférait voir BGZ demeurer la propriété de Rabobank.

S'il était autorisé, l'accord annoncé jeudi marquerait l'acquisition la plus importante de BNP depuis le rachat du belge Fortis en 2008.

La BNP a toutefois indiqué à plusieurs reprises ces derniers mois que les grandes opérations de croissance externe n'étaient pas à l'ordre du jour, le paysage réglementaire européen n'étant pas encore définitivement figé.

Edité par Dominique Rodriguez

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