BNP et Société Générale, priorité à la réduction de leur bilan

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BNP PARIBAS PENSE ACHEVER SA RÉDUCTION DE BILAN D'ICI FIN 2012
BNP PARIBAS PENSE ACHEVER SA RÉDUCTION DE BILAN D'ICI FIN 2012

par Matthieu Protard

PARIS (Reuters) - BNP Paribas et Société générale ont réaffirmé mercredi leur engagement à mener à leur terme leur plan de réduction de bilan.

S'exprimant lors d'une conférence organisée à Londres par Morgan Stanley, Jean-Laurent Bonnafé, le directeur général de BNP Paribas, a ainsi fait savoir que la banque serait bien en mesure d'achever d'ici à la fin de l'année son programme entamé au second semestre 2011, au plus fort de la crise de la dette dans la zone euro.

Il a rappelé que le groupe avait cédé fin février à la banque américaine Wells Fargo un portefeuille de prêts à des compagnies pétrolières et vendu début mars une participation de 28,7% dans la société foncière Klépierre.

"Notre priorité numéro un reste la mise en place de notre plan de réduction de bilan (...) En tout, nous avons déjà réalisé 70% du programme", a déclaré Jean-Laurent Bonnafé.

BNP Paribas avait annoncé en septembre vouloir réduire de 10% la taille de son bilan d'ici la fin 2012. A fin 2011, son bilan s'élevait à 1.965 milliards d'euros contre 1.998 milliards à fin 2010.

S'exprimant au cours de la même conférence, le PDG de la Société Générale Frédéric Oudéa a assuré que la SocGen, dont la capitalisation boursière a fondu de moitié l'an dernier, était elle aussi décidée à réaliser la réduction de son bilan.

"La réduction du bilan va se poursuivre", a dit Frédéric Oudéa. "Nous avons des objectifs clairs."

Au cours du quatrième trimestre 2011, la SocGen a cédé pour 10 milliards d'euros d'actifs, mais les analystes attendent encore de la banque des cessions plus significatives pour renforcer sa solvabilité.

"BNP CLAIREMENT EN AVANCE"

"Sur le 'deleveraging' (réduction de bilan, NDLR), BNP Paribas est clairement en avance, avec un impact sur le PNL ('pertes et profits', NDLR) assez limité. C'est plutôt une bonne nouvelle", commente Alex Koagne, analyste chez Natixis.

"En revanche, pour la Société générale, je pense qu'ils arriveront à faire leur 'deleveraging' sur la cession de crédits mais on les attend maintenant sur la cession d'entités opérationnelles", poursuit-il.

"Cela fait plusieurs mois qu'ils ont annoncé qu'ils vendraient des actifs et on n'a toujours rien pour le moment."

Pour renforcer leur solidité financière mise à mal par la crise de la zone euro et pallier des tensions sur la liquidité interbancaire, les banques européennes ont aussi entrepris de réduire et diversifier leurs sources de refinancement et de réduire leurs besoins de financement en dollar.

Leurs difficultés de financement a d'ailleurs obligé la Banque centrale européenne a injecté plus de 1.000 milliards d'euros de liquidités à trois ans (LTRO) dans le système bancaire européen.

BNP Paribas a indiqué que la banque avait atteint depuis le début de l'année 60% de ses besoins de financement pour 2012 en levant 12 milliards d'euros entre le 1er janvier et le 22 mars.

La Société générale, a de son côté déclaré avoir levé 7,6 milliards d'euros de dette depuis le début de l'année, avec une maturité moyenne de 6,3 ans.

La SocGen poursuit ses efforts de restructuration de sa BFI, a ajouté son PDG. Elle table ainsi sur une diminution de 50 à 60 milliards d'euros de ses besoins de liquidité d'ici 2013 dans ces activités.

En Bourse, comme la plupart des valeurs bancaires européennes, les titres des banques françaises ont clôturé dans le rouge mercredi en raison des inquiétudes des investisseurs concernant la croissance aux Etats-Unis et la situation budgétaire de l'Espagne.

A Paris, BNP Paribas et Société Générale ont terminé la séance en baisse de 1,3% et de 2,89% respectivement. Crédit agricole - qui a annulé sa participation à la conférence de Londres - a cédé 2,82%. L'indice bancaire européen a fini en repli de 1,45%.

Avec Christian Plumb, édité par Dominique Rodriguez

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